"Je suis dans ce pays la personnalité la plus protégée après le président", témoigne Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille devenu une cible pour sa lutte contre le narcotrafic

Après l’exfiltration du maire d’Alès par le GIGN, menacé par la DZ Mafia, nous avons voulu savoir comment vivent ces élus pris pour cible par les narcotrafiquants. Amine Kessaci, désormais maire adjoint de Marseille, est sous haute protection policière. C’est aussi le cas de nombreux autres élus de la République, comme la maire d’Échirolles, en Isère. Tous deux racontent ce quotidien sous tension et leur détermination à ne pas céder.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Il est le symbole des élus en lutte contre le trafic de drogue ; Amine Kessaci, 22 ans. Deux de ses frères ont été assassinés par les narcotrafiquants. Aujourd’hui, il est adjoint au maire de Marseille. Désormais, chaque jour, une dizaine de policiers veillent sur sa sécurité. « Je suis dans ce pays la personnalité la plus protégée après le président de la République, malheureusement, au vue des menaces qui pèsent à mon encontre. Cette protection policière, je sais ce qu’elle coûte, je sais ce qu’elle est, je sais ce qu’elle représente », souligne-t-il.

Le narcotrafic, un monstre, dit-il. Selon un rapport du Sénat, le phénomène touche l’intégralité du territoire. « Ils n’ont peur de rien, peur de personne, n’ont plus de crainte à s’en prendre à des élus de la République, à s’en prendre directement à l’État de droit. Et je pense qu’il faut que l’on qualifie cette situation de guerre contre la démocratie, c’est ce contre quoi les narcotrafiquants se battent, la démocratie », poursuit Amine Kessaci.

Alors, les élus sont-ils devenus des cibles privilégiées pour les narcotrafiquants ? Intimidations, menaces de mort, voiture piégée… Échirolles, près de Grenoble, compte 36 000 habitants. En janvier dernier, le véhicule d’Amandine Demore, maire (PCF) d’Echirolles, a été incendié en bas de son domicile. « J’ai été réveillée en pleine nuit par des bruits d’explosion. Quand je me suis rendue sur le balcon, j’ai vu mon véhicule en flammes et des individus cagoulés et masqués à proximité du véhicule. J’ai eu peur pour moi, je reste un être humain, mais j’ai eu surtout peur pour mes proches, ma famille », confie l’édile. Selon elle, c’est un acte en représailles à sa lutte contre le narcotrafic. Elle a fait fermer un bâtiment gangrené par le trafic de drogue.

Alors, le grand banditisme peut-il l’emporter ? Le maire d’Alès, évacué cette semaine par le Raid, a échangé avec Amine Kessaci. Pour l’un comme pour l’autre, pas question de céder face aux menaces. « Le narcotrafic ne gagnera pas. Tant que nous parlons, tant que la parole nous est donnée, tant que nous sommes debout, le narcotrafic ne gagnera pas », assure le jeune élu phocéen.

Point commun de tous ces élus : ils réclament plus de moyens pour lutter contre les groupes mafieux.


Source:

www.franceinfo.fr

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