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« L’espèce humaine doit-elle continuer à peupler la Terre ? » : le puissant appel à la paix de Léon XIV

« L’espèce humaine doit-elle continuer à peupler la Terre ? » C’est l’interrogation radicale que porte Léon XIV dans la préface rendue publique, ce mardi 21 juillet, de son dernier livre Désarmée et désarmante. La paix est un don. Publié en italien par la Librairie éditrice vaticane – la maison d’édition du Vatican –, l’ouvrage, dirigé par le journaliste Alessandro Banfi, est une anthologie des principaux discours du pape, depuis son élection, sur le thème de la paix.

Sa tonalité est sévère. Léon XIV y dénonce la convergence entre la « cybernétique » et le « réarmement mondial », dans un monde où « pas moins de 103 États sont impliqués d’une manière ou d’une autre dans un conflit armé ». Le pape souhaite que la vérité « s’impose » face aux logiques belliqueuses, affirmant notamment que « ce ne sont pas les armes atomiques qui engendrent la paix, mais le désarmement ». Face à la course aux armements qui « terrifie », il cite encore des références inhabituelles sous la plume pontificale, comme le chanteur-compositeur Bob Dylan s’adressant à la bombe atomique : « Je te hais parce que c’est l’homme qui t’a créée, et l’homme te possède, et l’homme te manipule » (Go Away You Bomb, 1963).

Un « choix fait en toute conscience »

Citant Pie XI, le pape américano-péruvien estime qu’en ces temps « difficiles », il « n’est permis à personne d’être médiocre ». Il donne pour modèle le Congolais Floribert Bwana Chui, tué en 2007 pour avoir résisté à une tentative de corruption, l’ancien maire de Florence Giorgio La Pira et la militante américaine catholique Dorothy Day. Mais pour le pape, la paix est aussi incarnée par « des protagonistes méconnus qui ont suivi leur conscience ».

À ce sujet, le successeur de Pierre se réfère à l’histoire de l’officier soviétique Stanislav Petrov (1939-2017), qui le 26 septembre 1983 contribua « à éviter une éventuelle guerre atomique mondiale ». Alors que les radars du bunker situé près de Moscou, où Stanislav Petrov était de garde, signalèrent le lancement de missiles balistiques intercontinentaux depuis les États-Unis en direction de l’Union soviétique, l’officier, « désobéissant aux ordres, décida de ne pas signaler cette prétendue attaque ». Ce fut « un choix fait en toute conscience, sachant que ce simple geste aurait pu causer des millions de morts », salue ainsi le pape dans sa préface.

« La paix commence par moi »

L’histoire donnera raison à Stanislav Petrov puisqu’il s’agissait en réalité d’une erreur du système de localisation par satellite soviétique, rappelle Léon XIV. Dénonçant le spectre d’un monde « effroyable » où les machines « décideraient d’un bombardement sur des personnes sans défense », il réaffirme que « la conscience d’un seul homme peut valoir le monde entier ». Exhortant enfin à résister à la tentation du « désespoir », il encourage chacun à faire de la paix « la cause de sa vie ». « La paix commence par moi », martèle-t-il avant de prévenir : « nous ne pouvons pas demander la paix aux puissants de ce monde, si nous ne commençons pas par la vivre nous-mêmes ».


Source:

www.la-croix.com

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