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Italie : manifestation à Bologne après la mort d'un Marocain lors de son interpellation

Une enquête a été ouverte, lundi 20 juillet, en Italie, après la mort d’Abderrahim Fakir, un Marocain plaqué au sol par deux policiers la veille à Bologne, dans le nord du pays, a annoncé le procureur. Le drame a provoqué l’indignation d’une partie de l’opinion publique.

Des extraits d’une vidéo tournée par un riverain et largement partagée par les médias italiens montrent la victime, âgée de 42 ans, subir un plaquage ventral plusieurs minutes durant.

« À l’aide, à l’aide ! », lance à plusieurs reprises Abderrahim Fakir, un Marocain arrivé en Italie à l’âge de 5 ans, tandis que les deux policiers l’immobilisent au sol, aidés par une troisième personne lui tenant les pieds, sous le regard de deux hommes en tenue d’ambulanciers.

La victime, gémissante, apparaît ensuite inerte, visage contre l’asphalte, pendant que les policiers lui lient pieds et poings. L’un d’eux finit par lui taper sur l’épaule pour vérifier s’il est toujours conscient.

« Si quelqu’un est agité, il faut le calmer, pas le tuer comme un chien »

Les images des caméras d’intervention des deux policiers ont été mises à la disposition de la justice, a indiqué la préfecture de police de Bologne dans un communiqué, précisant que les agents étaient intervenus, après que des riverains eurent signalé un homme en proie « à une violente colère ».

« On ne peut pas mourir comme ça ! », a dénoncé Khadija Fakir, la sœur de la victime, auprès du quotidien Corriere della sera.

« La police doit nous protéger (…) Si quelqu’un est agité, il faut le calmer, pas le tuer comme un chien », a-t-elle lancé, la voix empreinte de colère, dans une vidéo.

Yossra Fakir, niece of Abderrahim Fakir, reads a statement during a protest following his death in Bologna, Italy

Yossra Fakir, niece of Abderrahim Fakir, reads a statement during a protest following his death in Bologna, Italy, July 20, 2026. © Michele Lapini, Reuters

Le maire de centre-gauche de Bologne, Matteo Lepore, a appelé à « faire toute la lumière » sur ces évènements et à un rassemblement, lundi 20 juillet, dans le centre-ville, auquel ont participé plusieurs centaines de personnes, selon les médias.

« Justice et vérité pour Fakir ! » « Assassins d’État », pouvait-on lire sur des banderoles brandies par les manifestants, selon des images publiées sur les réseaux sociaux.

La droite et l’extrême droite « solidaires » avec la police

« Quiconque tient des propos préjudiciables à l’encontre de la police signifie qu’il n’a aucune confiance en nos forces de l’ordre ni dans le système judiciaire, qui devra enquêter sur ce qui s’est passé », a déclaré au journal télévisé de la chaîne publique Rai Uno le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi.

Le vice-Premier ministre d’extrême droite Matteo Salvini et Galeazzo Bignami, chef du groupe parlementaire Fratelli d’Italia (FdI, extrême droite), le parti de la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni, ont pris la défense des deux policiers.

La sénatrice d’opposition Ilaria Cucchi, dont le frère est mort en détention en 2009, a confié à l’AFP son écœurement face à certains messages de « solidarité » et de « remerciement » adressés à la police.

La sénatrice accuse en outre Giorgia Meloni et son gouvernement de coalition d’avoir « favorisé ce type de comportements » par « leurs politiques entièrement motivées par la haine et le racisme ».

A protester holds a placard reading in Italian "State murderers" above a crowd during a protest following the death of Abderrahim Fakir

A protester holds a placard reading in Italian « State murderers » above a crowd during a protest following the death of Abderrahim Fakir in Bologna, Italy, July 20, 2026. © Michele Lapini, Reuters

Abderrahim Fakir « était une personne très aimable, instruite et respectueuse », a déclaré à l’agence de presse Ansa Barbara Spinelli, une avocate qui avait assisté le quadragénaire marocain l’année dernière pour une demande de renouvellement de permis de séjour.

Bien que résidant et travaillant légalement en Italie, ce dernier craignait d’être expulsé.

« Je lui avais dit : ‘Nous sommes en Italie, un pays démocratique. Ici, la police respecte les règles' », a affirmé l’avocate.

Avec AFP


Source:

www.france24.com

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