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France: interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, à quoi faut-il s'attendre?

Le Sénat examine ce mardi 21 juillet une loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, et ainsi mieux les en protéger. Seuls quelques partis de gauche ont annoncé s’abstenir ou voter contre. Si la loi est votée – ce qui a de bonnes chances d’arriver –, elle prendra effet dès la rentrée.

Publié le : 21/07/2026 – 17:07


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Si le texte est voté par le Sénat, les moins de 15 ans ne pourront plus se créer de compte à partir du 1ᵉʳ septembre. Celles et ceux qui ont déjà un compte auront quatre mois pour le supprimer, jusqu’au 1ᵉʳ janvier. Le texte de loi prévoit aussi d’interdire l’utilisation du téléphone portable au lycée. 

Une loi porteuse d’espoir pour certaines associations de protection de l’enfance. « Les réseaux sociaux sont pleins de risques pour les plus jeunes », estime Inès Legendre, responsable du plaidoyer à E-Enfance, qui milite pour une navigation numérique plus saine et plus sûre pour les jeunes. Qu’il soit sur TikTok, Instagram ou Snapchat, il a été prouvé qu’un jeune de moins de 15 ans peut très facilement se retrouver confronté au cyberharcèlement, à des risques de chantage sexuel, à des contacts inappropriés avec des majeurs… 

« Il y a aussi tous les flux algorithmiques, qui entraînent des risques néfastes, insiste la membre de l’association de protection de l’enfance sur internet. Les jeunes sont exposés à des contenus qui peuvent porter atteinte à leur santé physique comme à leur santé mentale. Il y a le sujet de l’anorexie par exemple : plus un enfant va regarder des vidéos de la sorte, plus on va lui en proposer et plus ça va accentuer son mal-être », souligne Inès Legendre.

Une loi symbolique ?

Si l’association applaudit un signal politique fort, elle attend de voir comment le texte sera mis en œuvre concrètement. Car face aux géants du numérique comme Facebook ou Snapchat, la compétence de la France est limitée. Pour Catherine Morin-Desailly, la sénatrice rapporteure du texte, cette loi est avant tout symbolique. « Ce qu’on doit voter, c’est un dispositif minimaliste, au cœur d’une grande stratégie globale qui définit un âge pivot en amont et en aval duquel doivent s’organiser des précautions », précise-t-elle. 

Un vote de cette loi ferait de la France une pionnière dans l’Union européenne en termes de majorité numérique. « Quelque part, il s’agit d’un aiguillon pour inciter l’Union à réglementer très vite ces sujets », glisse la sénatrice du groupe Union centriste. Car c’est bien à l’Europe, et plus précisément à la Commission européenne, de négocier avec les plateformes, qui devraient s’assurer elles-mêmes de l’âge des utilisateurs et utilisatrices. 

L’exemple de l’Australie

En décembre 2025, l’Australie a déjà voté l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Huit mois plus tard, une étude menée par des chercheurs auprès de 400 jeunes montre que leurs pratiques numériques n’ont pas vraiment évolué. À titre d’exemple, l’utilisation quotidienne des réseaux sociaux chez les 12-13 ans est restée stable. Ils contournent les restrictions, en utilisant par exemple des comptes de personnes plus âgées, en créant de faux comptes, ou en se connectant sur des navigateurs privés.

« Bien sûr que quand il y a des restrictions, on arrive à les contourner, admet Inès Legendre. Ce qu’il faut, c’est ne pas fermer les yeux là-dessus, et aussi agir en amont, en faisant de la prévention auprès des publics concernés. D’autant que l’interdiction ne règlera pas tout. Les réseaux sociaux sont souvent la porte d’entrée pour que des majeurs entrent en contact avec des mineurs. Ils basculent ensuite rapidement sur des messageries privées. »

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L’interdiction totale n’est pas forcément une solution

Pour la sénatrice Catherine Morin-Desailly, la loi devrait avoir plus de conséquences en France, où la restriction ne sera pas généralisée comme en Australie. « Chez nous, on permet aux jeunes d’avoir accès à des logiciels éducatifs ou à des logiciels libres », souligne-t-elle. 

Pour l’association e-Enfance, l’interdiction absolue de tous les réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans n’est pas forcément la solution. « Ils permettent aussi aux jeunes isolés de se créer des communautés, c’est un espace de création, d’expression… Ce qu’il faudrait, c’est aller plus loin dans la protection des mineurs sur les réseaux sociaux et inventer un nouveau modèle de navigation, plus adapté à chaque âge », avance Inès Legendre. 

Si vous êtes victimes ou témoins de cyberharcèlement envers des personnes mineures, le numéro 3018 est adapté pour répondre à vos questions et à vos attentes.


Source:

www.rfi.fr

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