Aujourd’hui, le « 13 Heures » part à la découverte d’une activité incontournable pendant les grandes vacances : la pétanque. Un sport de précision, très populaire dans l’Hexagone. Une activité bon enfant qui n’empêche pas de vouloir gagner.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Pour lever le pied durant l’été, il suffit de quelques boules de pétanque, d’un solide groupe d’amis et d’un apéro généreux pour taquiner le cochonnet et se prendre aussitôt au jeu. Pour Marie Jeanne Sporta, Patrice Pincemin et Dominique Masclet, les grandes vacances, c’est la saison à ne surtout pas rater. « Nous, on joue avec n’importe qui, on s’en fiche, c’est pour le plaisir, c’est tout – On se tire la bourre tout le temps, puis après on va boire un verre ensemble. C’est convivial ! », confient-ils.
Dans le Nord, l’engouement pour la pétanque n’a rien à envier aux plus adroits des Marseillais. Ce n’est pas le club de Bachant, près de Maubeuge, qui vous dira le contraire. Tous les vendredis soir, c’est entraînement, quel que soit le temps. « Ici, on est des malades. On est tellement accros qu’on joue même en hiver, quand il fait moins 5 », assurent Sébastien Lepez et Patrick Leroy, membres du Club de Bachant (Nord).
« Quand vous êtes là, vous oubliez tout. Tous vos malheurs, vos soucis du quotidien, ils sont derrière vous. On est obligé de jouer, donc on est plus concentrés », ajoute Marie-Jeanne. Et quand certains tirent leur révérence, d’autres pointent le bout de leur nez. Autour de Patrice, l’entraîneur de foot, affronte l’un des champions du club. Dominique, trésorier et chercheur de sponsors du club, est toujours concentré. Il a 50 ans de pétanque à son actif. « Moi, je joue pour gagner. C’est la guerre », assume-t-il avec un sourire.
À la maison aussi, la pétanque n’est jamais bien loin. Dominique, ancien conducteur de train, y a longtemps consacré des week-ends entiers. Désormais, il se prend à apprécier les tournois à la télé, sa femme à ses côtés. « À certains moments de sa vie, tant mieux, si ça a pris beaucoup de place. Il s’est retrouvé en retraite, et heureusement qu’il y avait la pétanque », souligne Brigitte Masclet, l’épouse de Dominique. « C’est vrai », acquiesce son mari, qui précise que la pétanque lui a permis de maintenir des liens sociaux, « de voir des gens, parce qu’autrement, je n’aurais vu personne. »
La pétanque, qu’il a attrapée, comme il dit, quand il était adolescent, lui a rapporté de nombreux trophées. Avec toujours une pensée pour son ancien partenaire, un Marseillais aussi bavard qu’il est discret. « On jouait toujours ensemble. Et mon partenaire est décédé. Donc ça a fait… Toujours mal. J’ai arrêté 12 ans, et puis après j’ai dit : ‘Il faut y aller' », raconte Dominique, rattrapé par l’émotion.
Le lendemain, c’est parti pour une journée de compétition à Bachant, sous un soleil de plomb. Mais pas question pour Marie-Jeanne d’en perdre sa bonne humeur. « C’est ce petit truc qu’on n’a pas toujours partout. Parce que vous voyez, on a fini la partie, on se fait un petit bisou, on rigole, puis si tout ça s’arrête là », pointe-t-elle, enthousiaste.
Patrice, l’entraîneur de foot un peu bavard, a choisi son fils comme partenaire pour affronter, tout en modestie, ses adversaires. « Ce sont des copains que je connais très très bien, donc ça va super bien se passer, même si on gagne largement », glisse-t-il. Son fils, Nathan Pincemin, ne se laisse pas gagner par la pression : « Il n’y a pas de pression, parce qu’il n’est pas bon. S’il l’avait été, il l’aurait mis, la pression ! », s’amuse-t-il. Patrice va ainsi se mesurer durant toute la journée aux équipes des villages voisins. Un moment de sport et de détente où, avec modération, on lève le coude sans baisser les bras.
À l’autre bout du terrain, l’ambiance est beaucoup plus électrique. Pas un sourire chez Dominique, le champion. Même sa femme Brigitte retient son souffle. « On a joué une très belle équipe, et puis, on a la victoire au bout. On est heureux », confie-t-il, admettant être « un peu tendu, quand même. » « Même à l’intérieur, ça me bouffe, comme on dit chez nous ! », concède Dominique.
Au final, ce jour-là, il se partagera la récompense avec trois autres équipes. Cet été, il reste encore de nombreux week-ends pour profiter tout en simplicité de ces duels au soleil.
Source:
www.franceinfo.fr


