A l’occasion du Festival Radio France Occitanie Montpellier sur la scène duquel la mezzo soprano se produit cet été, Caroline Broué s’entretient avec Marianne Crebassa pour évoquer son parcours artistique, ses influences et ses goûts.
La musique, là où « tout est souffle et vibration »
Marianne Crebassa a débuté par l’apprentissage du piano avant de se consacrer au chant. « Dès que j’ai mis un pied à l’opéra et découvert la réalité de ce métier, ça a été un coup de cœur, j’ai décidé de me consacrer entièrement au chant » confie la mezzo soprano. Cette vocation précoce, elle en parle ainsi : « La musique m’a permis de me révéler, moi qui avais été une petite fille plutôt discrète qui n’osait pas. Quand j’ai choisi cette voie, c’est devenu une sorte d’étendard. Et au-delà de l’aspect autocentréde ce métier, il y a des valeurs humaines que l’on choisit de mettre au centre, notamment le courage de se mettre à nu. »
C’est à l’école de musique d’Agde puis au conservatoire de Sète que Marianne Crebassa fait ses classes. Elle poursuit en parallèle des études de musicologie à l’université de Montpellier. « Le chant, c’est devenu sérieux vers l’âge de 18 ans, au moment où j’ai commencé à réellement pouvoir faire quelque chose de mon instrument », se souvient-elle.
Incarner une voix sur scène
Comment une voix est-elle perçue par le public et par la chanteuse elle-même ? A cette question de Caroline Broué, Marianne Crebassa répond : « Je produis le son, je suis le vecteur de la musique qui va atterrir dans les oreilles des spectateurs, et cela transcende ma personne. On est à la fois dedans et en dehors. »
Marianne Crebassa poursuit en évoquant sur sa technique vocale : « Il faut placer la voix entre les deux yeux, comme si on passait la voix dans le chas d’une aiguille. (…) On travaille avec une matière organique. » La mezzo soprano évoque l’enseignement de Nicolas Domingues, qui a été son professeur. Elle explique la façon dont sa tessiture assez longue – « du grave à l’aigu » – lui permet d’aborder un répertoire large. Elle revient sur ses collaborations professionnelles et les liens qu’elle a tissés avec le chef d’orchestre Marc Minkowski et le compositeur Fazil Saynotamment. L’échange se poursuit autour des influences multiples – littéraires, musicales, plastiques – qui nourrissent son imaginaire. La chanteuse revient aussi sur son goût pour le répertoire symphonique et la mélodie.
L’art du portrait chinois par Marianne Crebassa
Si vous étiez un air d’opéra ? « Depuis le jour » de Louise Charpentier, à la manière d’un dialogue intérieurSi vous étiez une chanson ? « Chanson pour L’auvergnat » de Brassens, à la manière d’une madeleine de ProustSi vous étiez un instrument? Un violoncelle, puisque c’est « ce qu’on peut rechercher lorsqu’on produit un son. »
Pour en savoir plus
Actualité de Marianne CrebassaOuverture dans un nouvel onglet
Bibliographie : Robert Pullen, Stephen Taylor, Montserrat Caballé, casta diva, Hachette, 1996
Discographie sélective
Oh Boy de Marc MinkowskiFrench Songs, Marianne Crebassa et Fazıl Say

Générique
Un entretien mené par Caroline Broué durant le Festival Radio France Occitanie Montpellier.Erato est le label de Marianne Crebassa.
RemerciementsUn grand merci aux équipes du Festival Radio France Occitanie Montpellier.
Source:
www.radiofrance.fr


