Des policiers ont investi le bâtiment où se trouve Have A Nice Stay, une librairie créée par d’anciens journalistes. Des photographies et des vidéos diffusées par plusieurs médias montrent des agents sortant des cartons des locaux. Des journalistes de l’AFP ont également vu une femme menottée être conduite vers un véhicule.
Une opération semblable a eu lieu à quelques rues de là, dans l’immeuble de Greenfield Book Store. Un article du média en ligne The Collective montre notamment des cartons emportés depuis le bâtiment. Les personnes arrêtées sont deux hommes et trois femmes.
Selon la police, elles auraient proposé à la vente des publications contenant des textes incitant à la haine contre le gouvernement hongkongais, la justice et les forces de l’ordre. L’enquête a été ouverte après un signalement des douanes, qui avaient découvert des livres jugés « séditieux » dans des marchandises arrivées de l’étranger.
Le secrétaire à la Sécurité, Chris Tang, a déclaré que les libraires devaient vérifier que les ouvrages vendus ne menaçaient pas la sécurité nationale, rapporte l’Associated Press. Il n’a cependant pas précisé quelles publications étaient visées par l’enquête. Il a indiqué que les autorités examineraient le contenu des livres et ne dresseraient pas de liste de titres interdits.
Have A Nice Stay avait annoncé avant la perquisition sa fermeture, prévue le 30 août. Dans une publication sur les réseaux sociaux, la librairie avait mentionné des difficultés financières et une ligne rouge difficile à déterminer parmi les raisons de cette décision.
Des perquisitions récurrentes ces derniers mois
Les arrestations de juillet sont les troisièmes visant des librairies indépendantes depuis mars. Des responsables de Book Punch avaient alors été interpellés pour la vente présumée de publications séditieuses. Le 24 juin, deux responsables de Hunter Bookstore, à Sham Shui Po, avaient à leur tour été arrêtés pour des faits similaires et pour des soupçons de financement par des organisations politiques étrangères. Tous avaient ensuite été libérés sous caution.
Au Hunter Bookstore, la police avait également saisi des livres et des documents, sans rendre publics les titres concernés. Les autorités reprochaient aussi à l’établissement d’avoir organisé des rencontres destinées notamment aux jeunes et aux étudiants. La librairie vendait entre autres une biographie de Jimmy Lai, fondateur du journal pro-démocratie Apple Daily.
D’après The Guardian, Hong Kong a longtemps constitué un point de vente pour des ouvrages politiques indisponibles en Chine continentale. Depuis les manifestations de 2019 et le durcissement des lois sur la sécurité nationale, les librairies indépendantes font l’objet d’une surveillance accrue.
Dans son Freedom to Write Index 2025, publié en mai 2026, PEN America indique aussi que des librairies indépendantes de Hong Kong ont subi ces dernières années des contrôles fiscaux répétés et des actes de harcèlement, avec des conséquences sur leur activité et leurs finances. L’organisation cite aussi la fermeture d’un salon du livre indépendant ainsi que l’exclusion, sans explication, d’au moins trois éditeurs de la Foire du livre de Hong Kong.
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Par Ewen BertonContact : eb@actualitte.com
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