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« The Shards » : un premier trailer pour l’adaptation de Bret Easton Ellis

L’acteur néo-zélandais, inoubliable Dr Alan Grant de la saga « Jurassic Park », s’est éteint le 13 juillet à Sydney, entouré des siens.

Sam Neill, révélé au grand public par la franchise Jurassic Park, est mort le 13 juillet à 78 ans. Sa famille a annoncé la nouvelle sur son compte Instagram officiel tôt lundi matin.

« C’est avec une immense tristesse que le whānau [la famille] de Sam Neill annonce son décès ce lundi 13 juillet à Sydney, en Australie », a écrit la famille dans un communiqué. « Sam était entouré des siens et s’est éteint avec la dignité qui a caractérisé toute sa vie. Cette perte a été soudaine et inattendue, mais bénie par le fait que Sam était resté guéri de son cancer. La famille tient à exprimer sa plus profonde gratitude au personnel de l’hôpital privé St Vincent pour ses soins incroyables. »

La famille de l’acteur a ajouté : « Plus de détails seront communiqués ultérieurement, mais pour l’instant, au nom de la famille, nous vous demandons de respecter sa vie privée alors qu’elle traverse cette perte incommensurable. »

La nouvelle de la mort de Neill survient quelques mois seulement après qu’il a révélé être guéri de son cancer, au terme d’un long combat contre un lymphome. En 2023, l’acteur avait annoncé être atteint d’un cancer du sang de stade 3. « Je n’ai pas peur de mourir, mais ça m’agacerait », confiait-il au Guardian. « Parce que j’aimerais vraiment avoir encore une décennie ou deux, vous voyez ? On a construit toutes ces belles terrasses, on a ces oliviers et ces cyprès, et je veux être là pour voir tout ça mûrir. Et j’ai mes adorables petits-enfants. Je veux les voir grandir. » Avant d’ajouter : « Mais mourir ? Je m’en fiche complètement. »

Neill fut un acteur prolifique, au cinéma comme à la télévision. Il a abordé un large éventail de genres et était souvent salué pour sa capacité à habiter des personnages très différents. Il est devenu une figure familière dans les années 1990 grâce à des films comme À la poursuite d’Octobre rouge, La Leçon de piano, Jurassic Park, Event Horizon et L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux. Il a continué à jouer jusque tard dans sa vie, même après l’annonce de son cancer. En 2023, il assurait que le grand saut vers l’inconnu ne lui inspirait aucune peur — c’était la retraite qui le « remplissait d’horreur ».

Neill est né le 14 septembre 1947 en Irlande du Nord, d’une mère anglaise et d’un père néo-zélandais. Sa famille s’installe à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, alors qu’il est enfant, et c’est là qu’il fait ses débuts de comédien, à l’université de Canterbury. Il fait ses premiers pas à la télévision en 1971 dans The City of No, puis apparaît dans plusieurs productions locales les années suivantes. La révélation arrive avec le film Sleeping Dogs (1977), une performance qui lui ouvre la voie de l’Australie et un premier rôle face à Judy Davis dans Ma brillante carrière.

Après quelques années de travail en Australie, Neill décroche un rôle principal dans La Malédiction finale, sorti en 1981. Il obtient une nomination aux Golden Globes pour la mini-série Reilly, Ace of Spies (1983) et partage l’affiche avec Nicole Kidman dans le thriller Calme blanc (1989). Neill a notamment auditionné pour incarner James Bond dans Tuer n’est pas jouer (1987), avant que le rôle ne revienne à Timothy Dalton. « Je suis tellement soulagé qu’ils l’aient proposé à quelqu’un d’autre », reconnaîtra-t-il plus tard. « Vous ne voulez vraiment pas être le Bond que personne n’aime. C’est un sort pire que la mort. »

Neill devient une star de cinéma à part entière avec la sortie de Jurassic Park de Steven Spielberg en 1993, où il incarne le Dr Alan Grant — un rôle qu’il reprendra dans Jurassic Park III et Jurassic World : Le Monde d’après. L’acteur retourne en Nouvelle-Zélande pour tourner La Leçon de piano avec la réalisatrice Jane Campion et l’actrice Holly Hunter. Le film est nommé à huit Oscars et vaut à Neill une nomination du meilleur second rôle aux Australian Film Institute Awards.

Neill ne s’est jamais cantonné à un genre en particulier, même s’il avait un faible pour le thriller et l’horreur. Il a travaillé avec une multitude de cinéastes, de Spielberg à Robert Redford (L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux) en passant par Sally Potter (Yes), naviguant sans préjugé des blockbusters événements aux petits films d’auteur. « J’aime à penser que je suis capable de suggérer les ambiguïtés et les complexités des personnes que j’incarne, parce que je crois que nous avons tous des facettes cachées ou des qualités contradictoires », disait-il.

En 1998, Neill incarne l’enchanteur Merlin dans Merlin, une mini-série saluée par la critique qui lui vaut des nominations aux Emmy et aux Golden Globes. Il alterne ensuite cinéma et télévision, apparaissant dans des séries comme Les Tudors et Peaky Blinders et des films comme La Plus Belle Victoire, The Hunter ou Hunt for the Wilderpeople. Chez Marvel, il fait de brèves apparitions dans Thor: Ragnarok et Thor: Love and Thunder, en comédien jouant Odin sur scène. Il retrouve enfin le Dr Alan Grant dans Jurassic World : Le Monde d’après (2022), un moment mémorable pour les fans de la franchise.

« Je voulais m’assurer que nos personnages soient bien servis, que ce ne soit pas un retour de façade et que nous ne soyons pas des caméos glorifiés », expliquait-il au sujet de ce retour. « Je voulais être sûr que nous serions réellement au cœur de tout ce qui se passait. […] Jouer Alan Grant, c’est comme respirer pour moi. C’est tellement familier. »

Avant sa mort, Neill avait tourné dans le film de monstres à venir Godzilla x Kong: Supernova et la comédie romantique The Last Resort. L’année dernière, il apparaissait dans la série Netflix Untamed, renouvelée pour une deuxième saison.

Au-delà de sa carrière d’acteur, Neill possédait un domaine viticole florissant, Two Paddocks, lancé en Nouvelle-Zélande en 1993. « Je n’attends pas des gens qu’ils me prennent au sérieux, mais je suis déterminé à ce qu’ils respectent mon vin », déclarait-il au Times de Londres en 2014. « Il y a quelques semaines, il a remporté un trophée et deux médailles d’or à Londres. J’appelle ça le facteur “allez vous faire voir”. » Il a publié ses mémoires, Did I Ever Tell You This?, en 2023.

Malgré son succès à l’écran, Neill ne s’est jamais considéré comme une célébrité. « Être une célébrité et être acteur sont deux métiers distincts », disait-il en 2024. « Je m’estime être un acteur de cinéma et de télévision raisonnablement accompli. Je ne me considère pas comme une star de cinéma. Je peux aller au Starbucks, personne ne m’embête. Je leur donne mon nom ! Ils ne me connaissent pas. J’ai des amis qui sont vraiment célèbres, et je ne voudrais de leur vie pour rien au monde. »

« Sir Sam Neill était l’un des plus grands », a écrit le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon sur X. « Il a débuté à une époque où il n’existait pratiquement pas d’industrie du cinéma dans ce pays. Pendant plus de cinquante ans, il a porté les histoires néo-zélandaises aux yeux du monde, et son talent a contribué à faire de notre industrie cinématographique ce qu’elle est aujourd’hui — l’une de nos plus grandes exportations culturelles. Son œuvre sera regardée et aimée bien après nous tous. »

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a ajouté : « Sam Neill a joué dans tant d’histoires australiennes adorées, et il s’est taillé une place spéciale dans le cœur des Australiens. Pince-sans-rire, réfléchi et laconique, Sam a combattu la maladie avec la même dignité, le même humour et la même conviction qui donnaient de la force à chacune de ses performances. Il sera profondément pleuré et longtemps dans les mémoires. Qu’il repose en paix. »

Par Emily Zemler

Traduit par la rédaction.


Source:

www.rollingstone.fr

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