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Procida, l'île enchantée du golfe de Naples

Petite île volcanique du golfe de Naples, Procida séduit par ses façades colorées, son authenticité et ses traditions préservées. Entre patrimoine, pêche et gastronomie, ses habitants perpétuent un art de vivre qui fait tout le charme de ce joyau méditerranéen.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

Le soleil n’est pas encore levé quand le moteur d’Antonio Scotto vient briser le silence. Chaque matin, à l’aube, il part relever ses filets de pêche dans le golfe de Naples. « L’aube, c’est toujours un moment fascinant. En 58 ans, je ne dis pas que je les ai toutes vues, mais j’en ai vu 60% au moins. L’aube, c’est le début d’un jour nouveau et espérons que ce sera un bon jour de pêche », explique-t-il. Les premières lueurs du jour révèlent peu à peu le bleu intense de la mer et surtout le nuancier de couleur de son île, Procida (Italie). Ce caillou volcanique de 4 km2 était auparavant habité par des marins et des pêcheurs. Ce sont eux qui ont donné ces tonalités à leur maison. « Quand ils étaient en mer, ils reconnaissaient leur maison grâce à la couleur. Vous voyez, il y a une rose, une bleue, une blanche, une marron. Elles sont toutes différentes. Et ensuite, chacun s’orientait vers sa maison », précise-t-il.

Au fil du temps, les pêcheurs ont disparu. Antonio Scotto est l’un des derniers de l’île. Les maisons de couleur, elles, sont devenues le symbole de Procida. Dans les rues médiévales encore habitées, elles servent même de modèles aux touristes inspirés, comme une jeune Parisienne venue en vacances avec sa mère. « Je pense que c’est l’image qu’on a de l’Italie, avec un cappuccino au bord de la mer, un calme, tranquille », estime-t-elle. « On est tout de suite dans un tableau, donc on n’a plus qu’à faire ça aujourd’hui, vivre dans ce tableau », résume sa mère.

Un tableau qu’il faut régulièrement restaurer, car avec le temps et l’air de la mer, les couleurs s’estompent. Aujourd’hui, des artisans repeignent une façade abîmée. Un travail qui les rend fiers. « Peindre, ça me plaît. C’est moi qui donne les couleurs à la ville. Et quand je vois mon travail fini, ça me procure une grande satisfaction », confie Bruno Speranza Castrese, peintre. Du jaune, du bleu, du rose… Une palette de couleurs qui n’aurait pas changé depuis le XVIe siècle. Avant de repeindre leur maison, les 10 000 habitants de l’île doivent respecter les tonalités d’origine. Tita Lubrano a grandi ici. Adjointe en charge de l’urbanisme, elle veille à ce que les règles soient appliquées. « Les couleurs sont importantes pour distinguer Procida du reste du monde. Il faut respecter les couleurs naturelles que nos pêcheurs, nos paysans ont utilisées pour personnaliser leurs maisons. Donc, vous voyez, des roses pastel, des bleus assez doux, ce sont des caractéristiques que nous voudrions protéger et préserver le plus longtemps possible », détaille-t-elle.

Préserver les couleurs et les traditions, c’est la règle d’or sur l’île, et elle est aussi valable en cuisine. Au restaurant La Lampara, Beppe et Francesco préparent deux plats typiques. Pour ses pâtes aux fruits de mer, Francesco Scuotto n’utilise que des produits de l’île : « Ce sont des plats que nous ont transmis nos grands-parents, de génération en génération. Je voyais ma grand-mère cuisiner le dimanche et ça m’a donné envie d’apprendre ». De son côté, Beppe Costagliola travaille un produit unique, que l’on ne trouve qu’à Procida. Un citron jaune particulièrement doux et à la peau très épaisse. « On enlève l’écorce qui est la partie la plus amère, la pulpe, la partie la plus acide et on garde seulement cette partie blanche, la plus sucrée », indique-t-il. Il ne reste plus qu’à assaisonner. « De l’ail, du piment et de l’huile d’olive. Il y a le blanc, le vert et le rouge, les couleurs du drapeau italien », s’amuse Beppe.

Des plats hauts en couleur qui se marient parfaitement à celles du golfe de Naples. À Procida, la lumière offre à chaque heure une palette de couleurs différentes. Mais c’est peut-être aux crépuscules que l’île révèle ses plus belles nuances.


Source:

www.franceinfo.fr

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