Selon les médias algériens Ennahar et APS, l’Algérie a récupéré en juin 2026 un manuscrit rare intitulé Mufid al-muhtaj fi sharh al-siraj — en arabe « مفيد المحتاج في شرح السراج » — daté de 1609-1610. Le document, attribué à Sahnoun ben Othman al-Wansharisi, devait être proposé dans une vente publique à Paris.
La récupération a mobilisé le ministère algérien de la Culture et des Arts ainsi que les Affaires étrangères, d’après les informations reprises par la presse locale. Le manuscrit a été remis à la ministre de la Culture Malika Bendouda, dans une séquence publique consacrée à la protection des fonds manuscrits.
L’objet appartient à un champ patrimonial particulièrement sensible : celui des manuscrits savants maghrébins, souvent conservés dans des bibliothèques familiales, religieuses ou privées, mais aussi dispersés au fil des circulations coloniales, des ventes et des successions. Le titre renvoie à une tradition de commentaire et d’enseignement, où la copie manuscrite n’est pas seulement support de lecture, mais outil de transmission.
Patrimoine écrit et circulation marchande
L’affaire intervient alors que l’Algérie insiste depuis plusieurs mois sur l’importance de son patrimoine manuscrit. La Bibliothèque nationale d’Algérie a récemment fait état de milliers de manuscrits repérés dans des collections familiales, tandis que des rencontres scientifiques ont rappelé l’intérêt historique, juridique, religieux et littéraire de ces fonds.
La présence d’un document daté du début du XVIIe siècle dans une vente parisienne pose une question familière aux bibliothèques patrimoniales : comment suivre la trajectoire d’un manuscrit lorsque son histoire matérielle traverse plusieurs pays, plusieurs propriétaires et parfois plusieurs siècles sans documentation continue ?
Les informations disponibles ne détaillent pas publiquement les conditions exactes de sortie du manuscrit, ni les fondements juridiques précis de sa récupération. La prudence s’impose donc : il ne s’agit pas d’affirmer une spoliation établie, mais de constater qu’un document considéré par les autorités algériennes comme important pour le patrimoine national a été retiré du circuit marchand.
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Par Clément SolymContact : cs@actualitte.com
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