Né en 1993, cinq ans après la fin de l’ère Shôwa, ADABANA Bloom a grandi et étudié le design dans sa préfecture natale de Niigata. Mais c’est à Tokyo, à force d’écouter les anecdotes en tous genres des vieux professionnels de la nuit dans les bars du Golden Gai, que son imaginaire rétro et sensuel s’est fixé.
L’univers habité par son héroïne se caractérise par un grand écart entre un certain glamour criard de vieux magazine et un réalisme tour-à-tour familier ou sordide, plein de cendriers débordants, de bouteilles en plastique, de perles de sueurs qui viennent briser le mensonge en papier glacé.
Très prolifique, il est de son propre aveu plus à l’aise dans son atelier que sur Internet. Sa présence, quasi muette, s’y limite à un compte Instagram qui, paradoxalement, fut longtemps le seul endroit où son travail était visible.
Après plusieurs expositions au Japon et la distribution d’images disparates par la galerie américaine Nucleus, cette édition bilingue (français/anglais) est la première grande rétrospective de son travail et une occasion unique (imprimée à seulement 600 exemplaires) de soutenir d’une nouvelle voix de l’art contemporain des marges.
Pour Le Lézard Noir, ce projet est à la fois un retour à l’ambition originelle du slogan « avant-garde et japonisme décadent », mais aussi un regard porté vers une nouvelle génération d’artistes nés sur Internet. Par ailleurs, il a vocation à être le premier volume d’une nouvelle collection de livres d’art protéiforme et intrépide.
La campagne, qui s’est financée à 100% en moins de 48h, vient d’être prolongée pour deux semaines. Une jaquette réversible réservée aux souscripteurs a déjà été débloquée, et deux paliers sont encore atteignables, pour ajouter un jaspage léopard et un set de fausses cartes téléphoniques promotionnelles (l’outil de communication par excellence des bars à hôtesses et autres escort services des années 90).
« Le mot “adabana” désigne les fleurs qui fanent sans avoir donné de fruit, et par extension, tout ce qui se termine sans conclusion, est fauché en cours de route, l’impression d’avoir perdu son but… C’est une image qui m’a toujours attiré.
Mon pseudonyme, “Adabana Bloom”, a de fait un double sens. C’est à la fois un hommage aux choses qui disparaissent, et l’expression de mon admiration pour la résilience de ces fleurs qui s’épanouissent malgré tout.
Mon approche, qui consiste à peindre aujourd’hui des motifs appartenant au passé, ne relève pas de la simple nostalgie. Je cherche surtout à faire “refleurir” ici et maintenant des panoramas et émotions en passe de disparaître. »
Une campagne à découvrir sur Ulule.
DOSSIER – Les campagnes de projets littéraires sur Ulule
Par Projet UluleContact :
Source:
actualitte.com


