Le président des Républicains (LR), Bruno Retailleau, a proposé mercredi 11 juin que les criminels sexuels les plus dangereux et susceptibles de récidiver soient contraints à une castration chimique, lors d’une émission sur BFMTV consacrée à la tragédie de la jeune Lyhanna.
« Traitement inhibiteur de libido »
Bruno Retailleau, candidat LR à l’élection présidentielle de l’an prochain, a estimé qu’il fallait tenir compte de la difficulté à instaurer des peines de prison incompressibles. « D’où ma proposition de castration chimique obligatoire pour les individus les plus dangereux, ceux qui présentent les risques de récidive les plus élevés », a-t-il déclaré. « On ne peut pas laisser nos enfants devenir des proies pour ces criminels », a-t-il ajouté.
La castration chimique, également appelée « traitement inhibiteur de libido », est un traitement médical destiné à réduire la libido des délinquants sexuels. Chez l’homme, elle consiste à inhiber l’activité gonadique à l’aide de médicaments anti-androgènes. Ce traitement n’entraîne pas de mutilation du corps humain et n’est pas irréversible.
Les preuves de l’efficacité de la castration chimique ne sont pas encore pleinement établies, en raison d’un manque d’études suffisamment rigoureuses sur le sujet. De plus, sans accompagnement psychologique, ce traitement ne peut être réellement efficace. En effet, à l’arrêt du traitement, le délinquant peut retrouver ses pulsions ou ses obsessions.
Enfin, le fait d’imposer un traitement à un patient soulève une question éthique et n’est pas conforme au code de déontologie auquel sont soumis les médecins. C’est pourquoi , une mesure de castration chimique ne peut être appliquée par un juge qu’avec l’accord de la personne concernée.
La castration chimique n’est pas un traitement nouveau. Poursuivi en justice en 1952 pour homosexualité, alors considérée comme illégale en Grande-Bretagne, le célèbre scientifique Alan Turing avait choisi, pour éviter la prison, la castration chimique.
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Prise en charge psychologique et bracelet électronique : des mesures jugées plus efficaces par l’opposition.
L’ancien ministre de l’Intérieur était interrogé dans une émission réunissant plusieurs autres candidats potentiels à l’élection présidentielle ainsi que des dirigeants de partis politiques. La cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, également candidate pour 2027, a émis des doutes quant à l’efficacité de cette mesure et insisté sur la nécessité d’une meilleure prise en charge de la santé mentale.
« Il y a aussi un problème de santé mentale assez large dans le pays, sous de nombreux aspects, et nous ne savons pas le prendre en charge », a-t-elle déclaré. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est lui aussi montré réservé sur la possibilité de supprimer le caractère volontaire de la castration chimique.
Il a évoqué la possibilité d’imposer le port d’un bracelet électronique « dans le cadre de l’exécution de la peine après la sortie de prison ». « On peut très bien envisager des bracelets anti-rapprochement » empêchant notamment de « s’approcher d’une école ou d’une crèche ».
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