En visite dans le musée chinois de Shandong Tianyu, un fossile d’oiseau en particulier a étonné le chercheur américain Alex Clark. « J’ai aperçu ce petit oiseau et j’ai été très surpris par ses plumes de queue, raconte-t-il dans un communiqué. Je suis fasciné par les parades nuptiales des oiseaux et je me suis dit que ces plumes étaient tellement extraordinaires qu’elles devaient forcément servir à quelque chose ».
L’oiseau en question arborait une paire de plumes sur la queue – que l’on appelle des « rectrices » – deux fois plus grandes que son propre corps, et se terminant chacune par une sorte de petite raquette. Lui ne mesurait que 15 centimètres. Ces plumes de 30 cm restent encore, des millions d’années plus tard, d’étonnantes caractéristiques bien visibles sur son fossile.
En l’analysant et en le comparant à d’autres espèces, Alex Clark et ses collègues ont déterminé qu’il s’agissait là d’une nouvelle espèce. Baptisée Plumadraco bankoorum – soit le dragon à plumes de Banko, du nom de deux spécialistes et protecteurs des oiseaux -, elle a été découverte dans l’est de la Chine et vivait il y a 121 millions d’années, durant le Crétacé. Elle a été décrite le 27 mai 2026 dans la revue Plos One.
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Des plumes utilisées lors de parades nuptiales ?
Les chercheurs pensent que le spécimen qu’ils ont étudié était un mâle, compte tenu de sa caractéristique la plus marquante. « On trouve de nombreux exemples d’oiseaux modernes, mâles et femelles, avec de longues plumes ornementales, mais il semble exister un seuil au-delà duquel, si les plumes atteignent une certaine longueur proportionnelle, il s’agit généralement d’un trait que les mâles ont développé pour attirer les femelles », souligne Alex Clark.
De plus, Plumadraco bankoorum faisait partie du groupe fossile des énantiornithes, des oiseaux qui semblaient ne pouvoir réaliser que des mouvements limités avec leur queue. « Ils pouvaient néanmoins agiter leurs plumes caudales de haut en bas, un comportement que l’on observe aujourd’hui chez les oiseaux dont les parades nuptiales sont réservées aux mâles », remarque le chercheur. Néanmoins, l’utilité réelle de ces plumes ne peut pas, avec les données disponibles, être certaine.
En utilisant la spectrométrie de masse, les auteurs de la nouvelle étude ont déterminé que chez Plumadraco bankoorum, elles étaient noires, ou brunes.
Un fossile exceptionnel
Plumadraco bankoorum n’était pas la seule espèce d’oiseaux du Crétacé à posséder cette étrange paire de longues rectrices, une caractéristique appelée très savamment par les paléontologues « plumes à rachis dominant ». Mais là où la nouvelle espèce se démarque, c’est qu’il s’agit pour l’instant des plumes les plus longues proportionnellement au corps et les mieux conservées observées chez un énantiornithe.
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