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Sécurité, diplomatie européenne, paix avec l'Azerbaïdjan… Quels sont les enjeux de la visite d'Etat d'Emmanuel Macron en Arménie, à partir de lundi ?

Le déplacement du président français aura lieu en parallèle de deux rendez-vous européens, dont un sommet inédit entre l’Union européenne et l’Arménie.


Publié le 03/05/2026 07:10



Mis à jour le 03/05/2026 10:25

Temps de lecture : 3min

Le président de la République, Emmanuel Macron, et le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, lors d’une rencontre à l’Elysée, à Paris, le 30 octobre 2025. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Une première pour Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat effectuera sa première visite bilatérale en Arménie, lundi 4 et mardi 5 mai, en parallèle d’une réunion de la Communauté politique européenne (CPE) et du premier sommet entre l’Union européenne (UE) et Erevan.

A la suite d’un dîner d’Etat lundi soir, le président de la République s’inclinera mardi au mémorial du génocide arménien, avant de visiter le musée Matenadaran, dans la capitale du pays. Il doit également participer à la nouvelle édition de l’Erevan Dialogue, un forum en matière de diplomatie, et se rendre à Gyumri, où un tremblement de terre avait fait quelque 25 000 morts en 1988.

Cette visite d’Etat est placée sous un « triple signe », a précisé jeudi l’Elysée : « l’approfondissement » de la relation entre la France et l’Arménie, le « rapprochement » du pays avec l’Union européenne, ainsi que la « dynamique de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ». Franceinfo revient sur les différents enjeux de ce déplacement présidentiel, à l’heure où l’Arménie tente peu à peu de se rapprocher de l’UE après avoir été un allié de Moscou.

Un partenariat approfondi entre Paris et Erevan

La visite vise à « nous permettre de continuer à approfondir notre coopération dans tous les domaines », notamment en matière de sécurité, de défense et d’armement, souligne l’Elysée. La présidence évoque « une séquence officielle avec le Premier ministre » arménien, Nikol Pachinian, et la signature d’un accord de partenariat stratégique entre la France et l’Arménie. Cet accord doit marquer « l’élévation de notre relation bilatérale », précise cette même source. En matière de défense, notamment, la présidence salue « le renforcement de la coopération ces dernières années avec l’Arménie ».

Des coopérations plus poussées en matière économique et culturelle sont également au programme, avec, entre autres, un accord entre le musée Matenadaran et la Bibliothèque nationale de France. L’Elysée annonce en parallèle « des prospects potentiels pour Airbus », ainsi qu’un projet de construction d’un tunnel soutenu par la France, sur l’axe nord-sud arménien.

Le développement de la relation avec l’UE

Pour Emmanuel Macron, cette visite d’Etat en Arménie s’inscrit dans le cadre de deux rendez-vous plus européens : une nouvelle réunion de la Communauté politique européenne, lundi, et le premier sommet entre l’Arménie et l’UE, lundi et mardi à Erevan.

Née quelques mois après les débuts de l’invasion russe de l’Ukraine, en 2022, la CPE rassemble deux fois par an les chefs d’Etat et de gouvernement de 47 pays européens, rappelle le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Les Etats-membres et institutions de l’UE y participent, tout comme la Turquie, la Moldavie, l’Ukraine, l’Islande ou encore l’Arménie, ainsi que des organisations comme l’Otan ou le Conseil de l’Europe. L’objectif : développer « un lieu de discussions sur les enjeux liés à la sécurité en Europe », précise le quai d’Orsay. Ce nouveau sommet de la CPE aura comme thèmes principaux l’Ukraine, la « souveraineté européenne sur la défense et la sécurité, la compétitivité et la sécurité économique », en parallèle des « enjeux de démocratie et de protection de la démocratie », souligne l’Elysée.

Erevan accueillera en parallèle un sommet UE-Arménie portant sur « les domaines de l’énergie, des transports et du numérique », ajoute le Conseil européen. Seront évoqués « les progrès accomplis pour garantir la paix, la sécurité, la connectivité et la prospérité dans le Caucase du Sud », mais également « les défis mondiaux actuels », de l’Ukraine au Moyen-Orient.

La paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

La paix récente entre l’Arménie et son voisin, l’Azerbaïdjan, sera aussi au cœur des discussions à Erevan en début de semaine. Les deux pays ont signé, début août aux Etats-Unis, un accord de paix qualifié d' »historique » par Donald Trump. « Avec l’avènement de la paix, il y a une nouvelle ère aussi de coopération régionale, qui peut mettre le Caucase encore plus au milieu d’un carrefour de routes et d’interconnexion énergétique commerciale entre l’Europe et l’Asie », a noté l’Elysée.

La présidence française salue « beaucoup de signaux positifs » récents entre Bakou et Erevan, avec « notamment la levée des restrictions sur le transit par l’Azerbaïdjan de biens à destination de l’Arménie », ou encore « des échanges entre les sociétés civiles ».

Le dialogue « sera évidemment long et peut-être parfois difficile », reconnaît Paris, qui ajoute que le sujet de l’enclave du Haut-Karabakh sera « très présent dans les échanges ». L’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont affrontés pour le contrôle de cette région séparatiste. Sa reprise par Bakou, en 2023, avait provoqué la fuite de plus de 100 000 Arméniens y résidant. « Ce soutien aux réfugiés arméniens du Haut-Karabakh est aussi au cœur de notre action de coopération », a précisé l’Elysée.


Source:

www.franceinfo.fr

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