Publié le 01/05/2026 22:52
Mis à jour le 01/05/2026 22:53
Temps de lecture : 2min – vidéo : 3min
Après les livres, les meubles, l’électroménager ou les vêtements, le marché de la seconde main s’ouvre aux plantations. Acheter ses fleurs et ses végétaux d’occasion permet de faire des économies, tout en offrant une nouvelle vie à des plantes que l’on croyait défraîchies.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Des plantes défleuries, parfois un peu rabougries, mais encore pleines de vie. Dans les allées d’une recyclerie, toutes, même les plus jolies, ont échappé de peu à la benne à ordures pour être vendues à petit prix. « On ne les a pas payées trop chères. Peut-être qu’en jardinerie on en aurait acheté qu’une, et on est contents parce que là, on va peut-être en prendre deux », affirme une cliente. « Elles ne sont pas au mieux de leur forme, mais c’est provisoire », ajoute une autre.
Ces plantes, destinées à être jetées, affichent aujourd’hui des prix cassés. Exemple : 6,50 euros pour une azalée, vendue 11,90 euros en jardinerie. Des végétaux de seconde main, un peu comme dans une friperie, c’est l’idée de Nicolas Talliu, le fondateur de la Société Protectrice des Végétaux. « Ce qui va se passer, c’est qu’elle va dépérir, elle va repartir du pied. Donc il ne faut pas avoir peur », explique-t-il. Le concept n’effraie pas ses clients. « Le but, c’est d’éviter de les jeter et plutôt de favoriser le réemploi. Ça marche pour plein de choses : du mobilier, des vêtements, mais aussi des plantes. Donc, tant qu’à faire, allons-y », avance une acheteuse.
Pour alimenter sa recyclerie à bas prix, c’est dans les rayons des pépiniéristes et des grossistes que Nicolas Talliu démarre chaque semaine son opération sauvetage. « Ce sont des plantes qui sont destinées à être jetées, que je vais récupérer parce qu’il y a encore plein de vie dedans. Il suffit juste de les traiter comme il faut », explique-t-il. Fleurs fanées, pots cassés ou feuilles envahies de pucerons, il récupère les plantes invendables en jardinerie ou chez le fleuriste. Sa récolte pour la recyclerie lui a coûté 500 euros contre un prix affiché à 1 500 euros.
Le grossiste, lui, valorise des marchandises qu’il comptait jeter. « Personne ne jette des plantes parce qu’il a envie de les jeter. Du coup, à partir du moment où on trouve une solution qui, en plus, est un peu rentable, il n’y a pas de raison de dire non », note Nicolas Talliu.
Pour trouver des plantes pas chères, l’autre solution est d’acheter à des particuliers. Sur Internet, les annonces foisonnent : 10 euros, 7 euros et même 50 centimes seulement. En Savoie, Séléna Avrillon fait partie de ces vendeurs amateurs. Avec des plantes vertes par centaines, du sol au plafond, son appartement a pris ces derniers temps un air de jungle miniature. « Vous avez des grandes plantes, des petites, des moyennes. Il y a des Monstera, il y a des Syngonium, des Aglaonema, des Calathea. Il y a peut-être 200 variétés différentes », détaille-t-elle.
Une passion dévorante, devenue aussi un complément de revenu. Chaque semaine, elle réalise ainsi des dizaines de boutures. Les plantes se multiplient, avant d’être mises en vente à prix réduit sur un célèbre site de petites annonces. « Sur ma page Leboncoin, ça va de 3 euros à 170 euros. Ça dépend de la rareté, de la taille de la plante », explique Séléna Avrillon. Un bon plan aussi pour elle : en fonction de ses ventes, elle empoche jusqu’à 200 euros par mois.
Chaque année en France, un foyer sur deux craque pour une nouvelle plante d’intérieur.
Source:
www.franceinfo.fr

