Le produit intérieur brut (PIB) de la France est resté stable au premier trimestre, a annoncé jeudi 30 avril l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), dans une première estimation. Une mauvaise surprise qu’expliquent une demande intérieure « atone » et une contribution du commerce extérieur « fortement négative ».
Ce résultat semble montrer que l’économie était décevante avant même le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février, et va à l’encontre des prévisions des grands instituts : la Banque de France pensait encore il y a une quinzaine de jours que la croissance avait pu atteindre « jusqu’à 0,3 % » au premier trimestre tandis qu’à la fin du mois de mars, l’Insee avait abaissé sa prévision initiale de 0,3 % à 0,2 %. Finalement, le PIB « marque le pas », remarque ainsi l’Institut national de la statistique, après avoir augmenté de 0,2 % au quatrième trimestre 2025.
La demande intérieure finale (hors stocks) « est atone », remarque l’Insee, avec une consommation des ménages qui « recule légèrement » (- 0,1 % après + 0,4 % au quatrième trimestre) et l’investissement qui se replie (- 0,4 % après + 0,3 %). Au total, la contribution de la demande intérieure (hors stocks) à la croissance du PIB est nulle ce trimestre, après avoir apporté 0,4 point au quatrième trimestre 2025.
La contribution du commerce extérieur pour sa part est « fortement négative » (- 0,7 point après + 0,6 point au quatrième trimestre) : les exportations se replient « franchement » (- 3,8 % après + 0,8 %), et les importations reculent de nouveau (- 1,7 % après – 0,8 %).
Effets inflationnistes de la guerre au Moyen-Orient
Ce sont finalement les variations de stocks qui empêchent le PIB de diminuer au premier trimestre. Elles contribuent pour 0,8 point à son évolution, après – 0,7 au quatrième trimestre, en particulier grâce aux produits aéronautiques, après un fort déstockage les deux trimestres précédents.
La dernière prévision de croissance du gouvernement pour l’année 2026 est de 0,9 %. Il l’avait révisée à la baisse de 0,1 point il y a une quinzaine de jours pour tenir compte des effets inflationnistes de la guerre au Moyen-Orient. Avec un « acquis » (c’est-à-dire ce que serait la croissance annuelle si elle restait stable après ce premier trimestre) de 0,5 % à la fin de mars, cette prévision annuelle semble désormais ardue à tenir, car elle nécessiterait une croissance d’environ 0,3 % à chacun des trimestres suivants pour être réalisée, alors que les effets de la guerre ne se sont pas encore fait sentir.
Le début du deuxième trimestre semble déjà bien affecté par la guerre. Selon l’Insee, le climat des affaires s’est « assombri nettement » en avril, retrouvant son niveau de juillet 2024, juste après la dissolution de l’Assemblée nationale, et la confiance des ménages s’est « dégradée fortement », connaissant sa plus forte baisse depuis mars 2022 et le début de la guerre en Ukraine.
L’inflation à 2,2 % en avril
Du fait de la forte accélération des prix de l’énergie, les prix à la consommation ont augmenté de 2,2 % sur un an en avril, après une hausse de 1,7 % en mars, détaille par ailleurs l’Insee dans une estimation provisoire. Cela représente un bond de 1,4 point par rapport à avril 2025, quand l’indice des prix à la consommation s’établissait à 0,8 %.
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Si l’Insee s’attendait à ce que la flambée des cours des hydrocarbures se traduise par un « net regain d’inflation » qui « franchirait les 2 % au cours du printemps », elle tablait plutôt sur 1,8 % en avril dans sa note de conjoncture de mars, soit 0,4 point de moins que le chiffre annoncé jeudi. L’inflation en avril est même supérieure à la prévision de l’Insee pour mai (2,1 %).
Elle s’explique principalement par la hausse des prix de l’énergie et, en particulier, ceux des produits pétroliers, qui ont augmenté de 14,2 % en avril sur un an après une hausse de 7,4 % en mars, dans un contexte d’envolée des prix du pétrole en raison de la guerre au Moyen-Orient. Sur un mois les prix à la consommation sont en hausse pour le troisième mois consécutif (+ 1 % en mars, et + 0,6 % en février).
Cela s’explique par une hausse des prix des services, notamment des transports et de l’hébergement, et surtout par une forte hausse des prix de l’énergie (gazole, essence et combustibles liquides en particulier). Les prix du tabac ou encore des produits manufacturés sont stables sur la même période.
L’indice des prix à la consommation harmonisé, qui permet la comparaison entre les pays de la zone euro, augmente de 2,5 % sur un an en avril, après + 2 % en mars. Sur un mois, il augmenterait de 1,2 % après 1,1 % en mars. Dans la zone euro, l’inflation s’est accélérée en mars à 2,6 %, son plus haut niveau depuis la mi-2024. Les résultats définitifs de l’inflation en avril en France seront publiés le 13 mai, précise l’Insee.
Source:
www.lemonde.fr


