Pour son dernier discours devant ses pairs, Thierry Beaudet pourrait tirer la couverture à lui. Mais même dans cette circonstance autorisant une forme d’égocentrisme, celui qui s’apprête à céder la présidence du Conseil économique, social et environnemental (CESE) reste égal à lui-même. En ce mercredi 15 avril, six jours avant son soixante-quatrième anniversaire, il dit plus souvent « nous » que « je » en évoquant la mandature écoulée. Le collectif, d’abord et avant tout. A la fin de son intervention, dans un hémicycle du palais d’Iéna, à Paris, pas tout à fait plein, les membres de l’assemblée se lèvent, comme il se doit, pour l’applaudir. Sans ostentation, mais avec chaleur.
L’ancien instituteur devenu chef d’orchestre de la « société civile organisée » quitte le pupitre. Son quinquennat n’a pas été un long fleuve tranquille. D’abord parce que le poste exige de manœuvrer avec une myriade d’acteurs représentés au CESE : syndicats, mouvements d’employeurs, associations, réseaux consulaires… Puis il a pris des coups, liés à l’instabilité de la vie politique hexagonale depuis deux ans et aux railleries qui visent une institution fréquemment brocardée en « belle endormie de la République ».
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