Les œuvres de Pierre Gaignard naissent entre science, histoire des civilisations et anthropologie des images. Les capacités des programmes et des IA y sont essentielles et perturbées. Les sculptures suspendues à une grille ou posées sur des socles semblent de fer forgé rouillé, alors qu’elles sont imprimées en 3D et peintes. Gaignard les appelle « Bestiaire paramétrique ». Ce sont des insectes géants ou des vaisseaux spatiaux miniatures issus d’un passé très ancien ou d’un futur inquiétant.
Les images rétroéclairées de la série « latent_breath_() » ne sont pas des photos en noir et blanc de monuments ou de squelettes, mais sont générées par une IA dont l’artiste interrompt les opérations avant qu’elles soient parachevées : les rêves interrompus des machines autrement dit.
La série « Griza : j Hypermat’ » est aussi trompeuse et troublante. Des tubes de néon tout à fait ordinaires sont entourés de caches, imprimés là encore en 3D, de façon à évoquer la porcelaine translucide propre à la technique de la lithophanie. Y sont dessinées en grisaille diaphane et en très léger relief des figures obtenues à partir de planches de botanique, d’anatomie ou d’archéologie mixées entre elles. Avec Gaignard, le surréalisme entre dans son âge numérique.
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Source:
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