C’est le rendez-vous français des sports de glisse. Leucate (Aude) accueille le Mondial du Vent jusqu’au 26 avril. Cette 29e édition rassemble près de 250 compétiteurs dans trois disciplines : la parawing, le windsurf et le wingfoil. Dans cette dernière discipline, il n’est pas rare d’avoir des champions du monde âgés d’à peine plus de 15 ans.
Publié le 25/04/2026 12:45
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Impossible de le rater, connu pour son style si reconnaissable qui colle bien à ce sport : avec ses dreadlocks et son visage juvénile, le Danois Benjamin Castenskiold est devenu l’an dernier champion du monde de freestyle en wingfoil, à 14 ans à peine. « Je suis sur le circuit officiel depuis un an seulement, raconte, en anglais, le jeune homme. Devenir champion du monde, ça a été une surprise, et d’abord pour moi. C’était sans doute le plus beau jour de ma vie. Ça n’a pas été trop difficile : tout ça c’est de l’amusement, rien de plus. » Il est de retour pour le Mondial du Vent, qui a débuté le mercredi 22 avril et qui dure jusqu’au dimanche 26 avril, à Leucate (Aude).
Ils sont un petit groupe sur la plage de La Franqui à Leucate, un site réputé pour être l’un des plus ventés de France : des garçons et des filles de moins de 20 ans, leur planche équipée de foils et posée sur le sable, pas loin d’eux. Ils plaisantent ensemble et disputent cette semaine l’unique manche française de la coupe du monde GWA de wingfoil. Ils se croisent tout au long de l’année au gré des compétitions dans le monde entier. « C’est vraiment cool, on se retrouve tous sur les compétitions et on a, à peu près, le même âge », confirme Axel Gérard.

Le Breton a démarré par le surf avant de découvrir le wingfoil, ce sport qui se pratique sur une planche et avec une aile gonflable tenue à la main. Il vit ses premières compétitions à 12 ans. Cette année, il prépare le bac dans son lycée à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) tout en parcourant la planète pour les épreuves de coupe du monde. « Avant, mon père m’accompagnait, maintenant je peux y aller tout seul, sourit l’adolescent âgé de 17 ans aujourd’hui. Pour les cours, je suis les spécialités, mathématiques et physique, au CNED, et le reste, je le fais au lycée. Je suis à peu près absent deux semaines par mois tout au long de l’année. Ça n’est pas tout le temps facile. Je sais que si je veux continuer à faire les compétitions, il faut que je travaille bien. Donc, je n’ai pas vraiment le choix. » Le message aux parents d’Axel Gérard est passé.
À 24 ans, Kylie Belloeuvre fait presque figure d’ancienne. Double vice-championne du monde en 2024 et 2025, la Française qui étudie l’aérodynamique dans une école d’ingénieurs à Lyon, n’est pas étonnée du succès de ce sport chez les plus jeunes. « Je pense que le matériel est particulièrement adapté pour ces enfants qui pratiquent le wingfoil, avance Kylie Belloeuvre. Il y a beaucoup moins de contraintes qu’en planche à voile. Beaucoup moins de contraintes aussi sur le dos parce que la voile étant gonflable, c’est plus léger. Le matériel s’adapte, il y a de très petites tailles de voiles. Ça veut dire que tout le monde peut naviguer avec un compromis qui lui convient dans toutes les conditions. »
Constat partagé par les structures fédérales : « Si on compare avec l’ensemble des sports émergents, tels que le skateboard ou les sports de rue novateurs, la jeunesse se les approprie assez vite et ce sont des jeunes qui ne font que ça », constate François Bovis qui s’occupe de ces nouvelles disciplines à la Fédération française de voile.
« Il ne faut pas qu’on se fasse mettre à la retraite par ces jeunes ! »
Kylie Belloeuvre, double vice-championne du monde de wingfoilà franceinfo
Et sur le plan sportif, la présence de ces jeunes athlètes est un vrai défi pour les plus expérimentés. « C’est stimulant parce qu’on sait qu’ils progressent beaucoup plus vite que nous, confirme Kylie Belloeuvre. Ils n’ont pas autant d’appréhension que nous parce qu’ils n’ont pas connu les blessures que les plus anciens peuvent traverser. Ils ont plus d’insouciance en fait. C’est impressionnant de voir ces petits personnages envoyer si fort et si haut avec autant de rotations. Ça nous pousse à rester dans le coup. »

Beaucoup d’adolescents sur le circuit implique aussi un éveil permanent et un suivi au plus près : un défi pour la Fédération française de voile. « Le double projet est très important, insiste François Bovis. On accompagne nos sportifs de haut niveau, pas tous les sportifs, mais ceux qui sont dans le haut niveau. C’est rare que l’on ait de gros soucis sur le suivi sportif et scolaire. »
Fort de cet engouement, le wingfoil, avec son image de sport fun pour les jeunes, candidate pour rentrer au programme des JO à Brisbane en Australie en 2032. « Mon rêve serait de gagner chaque année, de tout remporter dans chaque discipline, jusqu’aux Jeux olympiques en 2032 », s’amuse Benjamin Castenskiold. À Brisbane, le Danois aura… 21 ans.
Source:
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