Toutes affaires cessantes, ils se sont donné rendez-vous pour ralentir. Ecouter ensemble les chants d’oiseaux et apprendre à les reconnaître. Enfin, tenter, car l’affaire n’est pas simple, saisit-on, à suivre la déambulation gracieusement proposée par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), dans le parc parisien de Montsouris, ce midi de printemps.
D’abord, faire abstraction des bruits de fond, crissements de RER, grondement automobile, survol d’hélicoptère, pour focaliser son attention sur les sons plus discrets, plus aigus, discontinus, des volatiles. Puis, avec le guide formateur de la LPO Olivier Païkine, passer de ces indices sonores au repérage visuel, dans le fouillis des branchages : « Le mieux pour mémoriser, sait-il, c’est de voir l’oiseau chanter, d’associer le chant et l’image. » Autour de l’ornithologue, une vingtaine de personnes de tous âges dressent l’oreille et les jumelles.
Est-ce une pie bavarde, une corneille ou un rouge-gorge qui vient de leur offrir ce fugace concert ? Perplexité de l’auditoire. Le guide rompt le suspense : « C’était le rouge-gorge. On peut l’entendre même au cœur de l’hiver. Un chant qu’on dit mélancolique, en tout cas pas très énervé, plutôt sifflant et assez varié, pas une ritournelle comme la mésange ou le pinson, avec une espèce de trémolo… » Mettre des mots sur un son se révèle délicat, alors les imitations, les « tchic tchic tchic », les « pchiiiii pchiiiii », les « chif chaf » appuient les tentatives de description.
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Source:
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