Trois mois après la publication de ses mémoires en France, Gisèle Pelicot a traversé la Manche pour présenter son livre au Royaume-Uni. Et c’est une soirée d’une rare intensité qui l’attendait. Le 17 février 2026, la mère de famille publiait « Et la joie de vivre », un récit autobiographique dans lequel elle revient sur sa vie avant et après l’affaire des viols de Mazan.
Pendant près d’une décennie, entre 2011 et 2020, cette septuagénaire a été victime de soumission chimique par son mari Dominique Pelicot, qui la droguait à son insu pour la livrer à des dizaines d’hommes. À l’issue d’un procès historique en décembre 2024, 50 accusés ont été reconnus coupables. Dominique Pelicot a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle.
Une affaire qui dépasse la France
L’affaire Pelicot a dépassé les frontières francophones. L’histoire a ému de nombreuses personnalités dont Kate Winslet qui a lu l’un des passages les plus puissants du livre : celui où Gisèle Pelicot explique pourquoi elle a choisi de lever le huis clos lors de son procès, exposant ainsi publiquement les faits les plus intimes et les plus douloureux de son calvaire.
L’actrice a poursuivi avec ces mots devenus un symbole : « La honte doit changer de camp ». Une phrase que Gisèle Pelicot avait entendue pour la première fois il y a plus de dix ans, slogan porté par les survivantes de viols et de violences conjugales, et qu’elle a faite sienne tout au long de son combat.
Le retour du site Coco
Mais si cette affaire n’a pas laissé les gens insensibles. Les contenus avaient circulé sur des sites spécialisés dont Coco. D’ailleurs, Andrea Bescond s’est insurgée suite à la réouverture de la plateforme. « Tu es Coco, tu avais été fermé après l’affaire Pelicot car tous les violeurs de Gisèle Pelicot avaient pris contact en répondant à l’annonce de Dominique Pelicot sur ton site. Mais il y a quelques jours, tu as réouvert, ta nouvelle version est hébergée sur les îles australiennes. Les violeurs sont contents, ils peuvent t’utiliser de nouveau », a indiqué l’auteure.
D’ailleurs, elle a dénoncé ce qu’il se passe en donnant l’exemple suivant : « L’association Face à l’Inceste a tenté une expérience, une connexion avec une faux compte : Lou 13 ans. En une minute, trois hommes ont contacté le faux profil de Lou 13 ans avec des phrases comme : ‘je te dis ma taille de bite ?’, ‘tkt ça me gêne pas, même si tu avais 9 ans’, ‘j’ai ma queue d’adulte toute dure là, hihi’. En dix minutes, quinze hommes, tous majeurs, ont pris contact avec le faux profil de Lou, 13 ans. Le monde des hommes est féérique, Merci Coco, merci à l’impuissance des Etats et surtout, merci les gars ». La preuve que le combat doit continuer.
Hits & People en continu
Public Radio
Mentionnés dans cet article
Sur le même sujet
Source:
www.public.fr


