[Entouré du Nobel d’économie (2001) américain Joseph Stiglitz et de l’économiste français Gabriel Zucman, le maire de New York, Zohran Mamdani a appelé mercredi 15 avril à taxer davantage les plus riches à l’occasion du Tax Day (la date limite de déclaration des revenus). Dans une tribune au Guardian et au Monde, les trois hommes lancent un appel à poursuivre les efforts pour retrouver une fiscalité progressive, qu’ils jugent indispensable à la sauvegarde des démocraties. Vendredi 17 et samedi 18 avril, le sujet sera à l’ordre du jour du Sommet progressiste de Barcelone, réuni à l’initiative du premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, et auquel assistera le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, avocat de la « taxe Zucman ».]
Jamais depuis la seconde guerre mondiale les Etats-Unis n’ont connu un tel niveau d’inégalités de revenus et de richesse. Le revenu annuel moyen des ménages à New York est de 131 000 dollars [environ 111 240 euros]. Sans ces inégalités extrêmes, les habitants pourraient vivre confortablement. Au lieu de cela, quelques personnes au sommet de l’échelle des revenus captent une richesse énorme, tandis que des millions d’autres peinent à joindre les deux bouts. Et certains n’y arrivent tout simplement pas. Pour eux, New York est devenue une ville inabordable.
Ce niveau disproportionné d’inégalités a des conséquences économiques, politiques et sociales gigantesques. Il mine la cohésion sociale et politique, érode la confiance dans les institutions et amène les gens à conclure, à juste titre, que le système est faussé.
Près d’un cinquième des ultrariches américains vivent à New York, la plus forte concentration de richesse de tous les Etats du pays. Mais les inégalités sont loin d’être un problème seulement new-yorkais voire américain – et on sait que les Etats-Unis sont un des pays développés les plus inégalitaires au monde. Il s’agit donc d’une crise planétaire.
Le rapport sur les inégalités mondiales, commandé pendant la présidence sud-africaine du G20, a révélé que, entre 2000 et 2024, le 1 % des ménages les plus riches a capté 41 % de toute la richesse produite, tandis que la moitié la plus pauvre de l’humanité n’en a perçu que 1 %. Cette trajectoire est insoutenable.
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Source:
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