Alors que Corto Maltese cherche la porte d’une cité engloutie, dans l’album Sous le signe du Capricorne (Casterman, 1979), un personnage lui montre la voie qui lui semble la plus facile : celle qui se situe « dans le labyrinthe des questions et des réponses, dans le silence des langues ». Le conseil vaut aussi pour qui prétend appréhender l’héritage de Hugo Pratt (1927-1995). Le dessinateur italien a produit en effet une œuvre si dense et si complexe que les fils à tirer semblent infinis. A Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), l’exposition « De Hugo Pratt à Corto Maltese. Un voyage dans l’imaginaire », dans le cadre des Rencontres du 9e art, repose sur une proposition originale : explorer le cheminement de l’artiste vers son personnage emblématique, les deux ayant, pour nombre de lecteurs, fini par se confondre.
Serge Darpeix, le directeur artistique, prévient d’emblée, lorsqu’il fait visiter l’exposition, organisée avec le soutien de la Biennale d’art et de culture d’Aix, dont l’Italie est le pays invité : « Nous sommes dans un festival, et non dans un musée : ce qu’on propose, c’est surtout une balade dans l’œuvre de Hugo Pratt. » Pas de thèse trop affirmée ici, le visiteur est simplement invité à se plonger dans les méandres de l’œuvre, sans en tirer de conclusions définitives. « Il est important de proposer une autre manière de s’immerger véritablement dans l’histoire, et non une lecture détachée, page après page. Il vaut mieux se jeter à l’eau, plutôt que regarder le fleuve couler », relève Marco Steiner, écrivain italien et ancien collaborateur de Hugo Pratt.
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Source:
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