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Avec « Le Cri des gardes », Claire Denis est de retour en Afrique, où elle explore la violence postcoloniale

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Parole tenue. Le nouveau long-métrage de Claire Denis, Le Cri des gardes, est le fruit d’une promesse faite il y a de cela plusieurs décennies. Peu avant sa mort du sida en 1989, le dramaturge Bernard-Marie Koltès, ami du comédien Isaach de Bankolé, avec qui la cinéaste a tourné son premier film, Chocolat (1988), avait demandé à celle-ci d’adapter sur grand écran sa pièce Combat de nègre et de chiens, écrite en 1979. Claire Denis avait alors acquiescé, sans se sentir prête à honorer tout de suite son serment. Mais l’idée ne l’a jamais quittée. Il faut dire que la pièce, située en Afrique de l’Ouest sur un chantier de travaux publics dirigé par deux expatriés français blancs, semblait tout indiquée pour une artiste qui a déjà tourné plusieurs de ses films en Afrique, où elle a elle-même grandi, et qui s’est largement intéressée à la solitude et à la violence des hommes.

Lire le récit (1988) : Article réservé à nos abonnés L’Afrique de Claire Denis

De ces racines théâtrales, Le Cri des gardes préserve un grand respect du texte original et une quasi-unité de lieu et de temps. A l’exception d’un trajet en voiture vers un aérodrome et de quelques courts flash-back, toute l’action est concentrée en une nuit autour du chantier, rendu concret avec quelques éléments seulement (la terre rouge, une machine de chantiers, quelques baraquements, un mirador…). Alboury (Isaach de Bankolé) vient réclamer le corps de son frère Nouofia (Brian Begnan), décédé quelques heures plus tôt dans des circonstances troubles que le film va peu à peu élucider, pour ramener la dépouille au plus vite à sa mère. D’une détermination sans faille, il se tient juste à l’extérieur du chantier, derrière une grille de fer et de barbelés, surveillée à quelques mètres de là par des gardes armés. De l’autre côté de cette barrière, un homme blanc et bientôt un deuxième, et une femme. Chef du chantier installé dans des baraquements sur place, Horn (Matt Dillon) attend ce soir-là l’arrivée de Grande-Bretagne de sa jeune épouse, Leone (Mia McKenna-Bruce), qu’est allé chercher son second, Cal (Tom Blyth).

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Source:

www.lemonde.fr

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