AccueilDans le Nord,...

Dans le Nord, certains commerçants prennent le relais face à la disparition des distributeurs de billets

C’est un geste du quotidien qui devient parfois un véritable casse-tête : où retirer des espèces ? Le nombre de distributeurs automatiques a chuté de près de 5% en un an. Les commerçants reprennent parfois le flambeau, comme dans certains villages du Nord.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

Dans les rues de la petite commune de Warhem (Nord), on ne trouve pas un distributeur de billets. Pour avoir de l’espèce, un retraité prend sa voiture. À chaque déplacement, il anticipe et retire une grosse somme d’un coup. « Comme ça, je suis tranquille pour à peu près la semaine. Je vois ce que j’ai à peu près à dépenser », détaille-t-il.

Les trajets sont encore plus pénibles pour ceux qui dépendent des transports en commun. « Ça me fait perdre ma journée, carrément. Il serait bien d’avoir un guichet de banque », glisse un autre.

Face à la pénurie, à quelques kilomètres d’ici à Rexpoëde (Nord), le gérant d’une épicerie a installé il y a deux ans un automate dans ses rayons. Il l’approvisionne en billet ce matin-là. L’appareil est loué 500 euros par mois, mais lui amène de nouveaux clients. « Dès que j’ai acheté le magasin, j’ai pensé à mettre ça en place. Les gens sont contents, c’est un service », avance Maxime Caillet, le gérant du Proxy. Plus de 5 000 retraits sont effectués sur l’année. Un père de famille récupère 20 euros avant de faire ses courses. « Cet après-midi, je vais faire un tour avec mon gamin dans une ferme. Je ne sais pas s’il prend l’appareil à carte bleue. Du coup, je vais prendre l’espèce au cas où », explique-t-il.

En France, près de 1 800 distributeurs automatiques de billets ont été retirés en un an. Pour les banques leur installation est coûteuse : entre 50 000 et 80 000 euros, auxquels s’ajoutent des frais d’entretien, alors que les paiements en espèces ne cessent de diminuer. Pour assurer les retraits là où les distributeurs viennent à manquer, Olivier Devinck, boucher-charcutier à Warhem (Nord), s’est associé avec une banque.

En contrepartie d’une rétribution symbolique, il échange de l’argent liquide contre la même somme en cartes. Un habitué vient ici chaque semaine. « Il y a des commerçants qui ne prennent pas la carte bleue. C’est le banquier du village », sourit-il. Il peut distribuer jusqu’à 100 euros par jour et par client. « C’est pour que le village vive. Qu’il ne s’endorme pas et ne devienne pas un village dortoir », argue de son côté Olivier Devinck.

D’autres établissements bancaires devraient rejoindre le partenariat dans les prochains mois, pour permettre à plus d’habitants d’en bénéficier sans avoir à installer de distributeurs de billets.


Source:

www.franceinfo.fr

Articles similaires

Annonce publicitairespot_img