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L’occasion monte, les rideaux tombent : en librairie, on cherche les parades

Quimper : quand l’occasion fait le larron

À Quimper, Le Télégramme observe plusieurs professionnels qui ajustent leur activité aux difficultés du moment. Le titre de l’article donne la mesure la plus parlante : l’un d’eux a porté la part des ouvrages de seconde main de 15 à 30 %. Doubler l’occasion ne règle pas toute l’équation, mais le mouvement révèle une évolution très concrète des achats. Quand le neuf ralentit, les rayonnages apprennent eux aussi à avoir une seconde vie.

Toulouse : une ville, plusieurs climats de lecture

À Toulouse, La Dépêche du Midi élargit la focale. Ombres Blanches, qui vient de fêter ses cinquante ans, ne se dit pas en difficulté, mais demeure prudente. L’ouverture d’un espace de littérature internationale en langue originale fonctionne, assure sa directrice Emmanuelle Sicard. Celle-ci relève surtout un déplacement moins attendu : selon elle, la perte des habitudes de lecture toucherait davantage les 35-55 ans que les jeunes.

Chez Floury Frères, Hervé Floury décrit des charges qui augmentent tandis que les marges et les prix, dit-il, restent contraints. La canicule ajoute sa petite contribution au grand dérèglement : un peu de passage le matin, puis presque plus rien. Au Mirail, la librairie Renaissance, fondée en 1944 et installée dans le quartier depuis 1981, estime au contraire que son éloignement de l’hypercentre la protège de la concentration commerciale. Son directeur, Bruno Lamarque, s’inquiète toutefois de l’ensemble de la chaîne, jusque chez les distributeurs et les éditeurs.

Une carte toulousaine sans zone de confort

La carte toulousaine confirme qu’il n’existe aucun abri universel. Le Chameau Sauvage profite du développement des Minimes, mais constate une diminution du nombre de livres achetés et l’envolée des charges comme des frais de transport. Paysages Humains bénéficie de la fin des travaux de voirie et du rétablissement des bus dans les deux sens : depuis décembre, sa clientèle augmente. Parfois, la survie tient donc à un roman, un conseil ou une ligne de bus correctement rétablie.

La Librairie. : quand le chantier déborde du livre

Pour La Librairie., ouverte en 2024 dans le quartier des Châlets, le mauvais chapitre s’est écrit dès le départ. Des travaux imprévus, chiffrés à 50.000 €, ont grevé la trésorerie et conduit au redressement judiciaire. Une première collecte sur Ulule a rapporté 25.000 €, et un second volet est annoncé pour septembre.

Sa cofondatrice Amélie Georgin refuse pourtant l’oraison funèbre : « Aujourd’hui, ouvrir une librairie est vraiment un acte révolutionnaire », rapporte La Dépêche. Mon Chat Pitre emprunte une autre piste, avec son mélange de livres, de salon de thé et de chats en liberté. L’offre hybride ne constitue pas une assurance tous risques, mais elle donne au moins plusieurs vies au lieu.

Castres : 1000 m² qui changent l’échelle

À Castres, l’inquiétude a déjà une adresse et une superficie. Un magasin Cultura de 1.000 m² doit ouvrir au printemps 2027 dans la zone de la Chartreuse, près du centre commercial Auchan. Cette première implantation de l’enseigne dans le Tarn réunira livres, bandes dessinées, jeunesse, papeterie, loisirs créatifs, musique, jeux, gaming et beaux-arts, rapporte La Dépêche du Midi.

La concurrence ne réjouit personne, mais elle ne surprend plus grand monde. David Primault, à la tête du centre culturel E.Leclerc, entend renforcer le service et le choix. Anne Domejean, gérante de la librairie Coulier, explique que le projet circulait depuis deux ans et paraissait « irrémédiable ».

Elle désigne toutefois les commandes sur Amazon comme la menace la plus douloureuse. Face aux plateformes et aux enseignes nationales, elle compte sur le conseil, la proximité et la liberté de sélection. Ses clients lui ont déjà promis de rester fidèles. Reste à voir si les promesses se convertissent aussi bien que les paniers en ligne.

Saint-Quentin : 184 ans refermés d’un coup

Saint-Quentin offre une réponse plus brutale. L’Aisne nouvelle annonce la fermeture définitive de la librairie-papeterie Cognet, le samedi 18 juillet 2026. Fondée en 1842, l’institution du centre-ville aura donc traversé 184 années, plusieurs générations de lecteurs et quantité de rentrées scolaires.

Le lendemain, Courrier picard reprend explicitement l’information de L’Aisne nouvelle, sous un titre plus offensif : Cognet aurait été « lâchée par la Fnac ». Le journal la qualifie aussi de « bicentenaire » ; l’arrondi est généreux, puisque deux siècles ne se seraient achevés qu’en 2042. La fermeture, elle, n’a rien d’approximatif.

Paris : la librairie en version éphémère

À Paris, enfin, le commerce du livre changera provisoirement de décor. Du 15 au 17 septembre 2026, le salon professionnel IFTM installera porte de Versailles les Escales Littéraires, présentées par TourMaG comme « la première librairie du voyage ».

Conçu avec Hachette Tourisme, ce stand scénographié d’une quarantaine de mètres carrés réunira littérature de voyage, guides, ouvrages techniques, essais et fictions. Des professionnels du tourisme devenus auteurs et des contributeurs de guides Hachette y présenteront et dédicaceront leurs publications.

Crédits photo : Le Chameau sauvage

 

Par Nicolas GaryContact : ng@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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