Un complément alimentaire de type postbiotique pourrait limiter l’absorption des microplastiques par l’organisme, selon les résultats du tout premier essai mené chez l’humain sur ce sujet. Ce dispositif repose sur une idée simple: utiliser la surface rugueuse de bactéries mortes pour capter les particules plastiques et empêcher leur pénétration dans les cellules, résume New Scientist.
Les microplastiques, définis comme des fragments de moins de 5 millimètres, sont désormais omniprésents dans l’environnement et ont été détectés dans de nombreux organes du corps humain. Certaines études ont notamment montré que la présence de microplastiques dans les plaques artérielles est associée à un risque accru d’accidents cardiovasculaires, tandis que des concentrations plus élevées ont été observées dans le cerveau de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, sans qu’un lien de causalité direct soit établi.
Face à ces incertitudes, certains chercheurs plaident pour une approche pragmatique. Même si les effets précis des microplastiques restent mal compris, leur présence dans l’organisme est jugée indésirable. Dès lors, développer des solutions simples et peu coûteuses pour en limiter l’impact pourrait s’avérer pertinent, sans attendre des décennies de preuves définitives.
Le postbiotique étudié, baptisé Qi601, est obtenu à partir de la bactérie Limosilactobacillus fermentum. Les chercheurs la cultivent, puis la détruisent par la chaleur afin de récupérer ses parois cellulaires. Ces structures présentent une surface irrégulière capable de fixer les microplastiques, comme l’ont montré des expériences en laboratoire.
Un traitement qui pourrait agir après contamination
Des tests réalisés dans des fluides simulant le système digestif ont révélé que jusqu’à 92% des nanoparticules plastiques pouvaient se lier spontanément à ce postbiotique. Lorsque des cellules intestinales humaines ont été exposées à ces particules, la présence de Qi601 a nettement réduit leur accumulation, suggérant un effet protecteur contre leur absorption.
Les chercheurs ont également observé que ce composé pouvait agir après coup. En laboratoire, l’ajout du postbiotique à des cellules déjà exposées a permis de réduire de 43% la quantité de plastique intracellulaire. Ce phénomène serait lié à un mécanisme de recyclage cellulaire, au cours duquel les particules sont captées lors de leurs échanges entre l’intérieur et l’extérieur de la cellule.
Un test plus concret a été réalisé avec des volontaires mâchant du chewing-gum, connu pour libérer des microplastiques dans la salive. Sans traitement, des milliers de particules ont été détectées, mais avec l’ajout du postbiotique dans la bouche, leur nombre a chuté de manière spectaculaire, suggérant une capacité réelle à capter ces fragments dans des conditions proches du quotidien.
Ces résultats restent toutefois préliminaires. L’étude ne démontre pas encore que les microplastiques capturés sont effectivement éliminés par l’organisme, ni que le dispositif fonctionne de la même manière dans un système digestif complet. De plus, cette approche ne traite pas toutes les sources d’exposition, notamment l’inhalation. Pour de nombreux experts, la priorité demeure la réduction des microplastiques à la source, plutôt que leur élimination une fois entrés dans le corps.
Source:
www.slate.fr


