L’enquête parlementaire a débuté en novembre 2025 après que plusieurs études signalaient une baisse de la lecture de loisir chez les enfants. D’après The Guardian, devant la commission, Jonathan Douglas, directeur général du National Literacy Trust, une association britannique spécialisée dans l’alphabétisation et la promotion de la lecture, aurait demandé que la campagne organisée en 2026 soit prolongée afin de maintenir la lecture parmi les priorités éducatives.
Une « garantie nationale de la lecture », qui couvrirait la période allant de la naissance à 18 ans devrait assurer à chaque enfant, quel que soit son milieu, un accès régulier aux livres, aux histoires et à des moments de lecture partagée.
Le rapport demande aussi d’étendre aux collèges et lycées la promesse gouvernementale d’installer une bibliothèque dans chaque école d’Angleterre. Il soutient également l’attribution automatique d’une carte de bibliothèque lors de l’enregistrement d’une naissance. Les députés réclament enfin le rétablissement des financements perdus par les bibliothèques publiques depuis 2010.
Les écrans ne seraient pas la seule explication
La place prise par les écrans réduit le temps consacré aux livres, selon la commission. L’enseignante, autrice et illustratrice Onyinye Iwu a rapporté que certains élèves ne voyaient plus l’intérêt de lire une histoire disponible sur TikTok, Netflix ou au cinéma. Le rapport refuse toutefois d’attribuer tout le recul à ces usages, car les résultats anglais restent inférieurs à la moyenne internationale.
Les députés citent quatre autres facteurs : le coût de la vie, les horaires de travail des parents, le manque d’accès aux bibliothèques et la pression des programmes scolaires. Elles concernent donc les conditions dans lesquelles les familles peuvent se procurer des livres, se rendre en bibliothèque ou réserver du temps à la lecture.
Le rapport pointe également l’absence des enfants ayant des besoins éducatifs particuliers ou un handicap dans les principales actions de l’Année nationale. Les élèves dyslexiques sont expressément désignés comme un public prioritaire insuffisamment pris en compte. La commission demande que les futures politiques prévoient des supports adaptés et ne reposent pas sur un modèle unique de lecteur.
Pour la petite enfance, les députés veulent modifier l’ordre des priorités. Ils recommandent de développer d’abord l’intérêt pour les histoires et le plaisir de lire, plutôt que de concentrer les activités sur la préparation à l’école et l’apprentissage de la phonétique. Ils reprochent surtout à la précédente révision des programmes de ne pas avoir dégagé davantage de temps pour la lecture choisie.
Livre imprimé, audio ou bande dessinée : où commence la lecture ?
D’après un rapport de The Reading Agency publié en avril 2025, 53 % des adultes britanniques se considéraient comme des lecteurs réguliers, contre 58 % dix ans plus tôt. Une autre étude de Harper Collins UK indiquait qu’environ un enfant de 5 à 13 ans sur trois associait davantage la lecture à une matière scolaire qu’à un loisir.
Dans un entretien accordé à The Bookseller, Debbie Hicks, fondatrice et directrice créative de The Reading Agency, évoque les personnes qui écoutent des livres audio, jouent à des jeux vidéo ou lisent des bandes dessinées sans se considérer comme lectrices : « Si vous demandez à quelqu’un s’il est lecteur […] il y a de fortes chances qu’il réponde non », déclare-t-elle.
La commission parlementaire retient elle aussi une définition large, mais ne place pas tous les supports sur le même plan. Elle demande que les enfants puissent accéder à plusieurs formes de textes tout en continuant à fréquenter des livres traditionnels, auxquels le rapport attribue des caractéristiques linguistiques particulières.
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Par Ewen BertonContact : eb@actualitte.com
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