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Piratage du site internet du RN : "les données des adhérents ou des candidats n'ont pas été exposées", indique Jean-Philippe Tanguy

Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe RN à l’Assemblée nationale et député de la Somme, est l’invité des 4V, mercredi 22 juillet.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe RN à l’Assemblée nationale et député de la Somme, est l’invité des 4V, mercredi 22 juillet. Il réagit aux récents faits d’actualité, dont le piratage du site internet du RN.

Bonjour Jean-Philippe Tanguy, vous êtes le bienvenu. Le Rassemblement national est visé ces dernières heures par une opération de piratage numérique. Le Parquet de Paris a ouvert une enquête. Est-ce que vous pouvez nous dire ce qui a été attaqué ?

Jean-Philippe Tanguy : Pour le moment, c’est très flou. Le site a été attaqué et le compte Twitter dans une opération sans doute différente de Marine Le Pen [mardi 21 juillet]. C’est assez grave parce que Marine Le Pen est candidate à la présidentielle, elle est favorite évidemment des sondages, et c’est une attaque assez grave qui n’a pas eu de conséquences sur la désinformation des Françaises ou des Français ou la mise en danger de la réputation de Marine Le Pen, mais ça aurait pu être le cas. Donc, j’espère que la justice trouvera les responsables.

Est-ce que vous soupçonnez une attaque politique ? Vous parlez d’une tentative d’intrusion malveillante. Il y a un message de revendication sur un forum avec une proposition de vendre les données qui auraient été piratées, et la mention « Vive la France Insoumise ». Est-ce que vous imaginez une tentative politique ?

Je ne vais pas faire d’accusation infondée, mais la France est régulièrement victime d’attaques, victime notamment de cyber-rançonnages. Les données de l’État lui-même sont souvent attaquées et mises en danger. Donc c’est vrai que la France, globalement, collectivement, nous avons tardé à protéger les données des Françaises et des Français, aussi bien l’État, les entreprises que les partis politiques. Mais nous, on est dépendant aussi de la sécurité collective de la France. Un parti politique ne peut pas se protéger davantage que se protège l’État, et les moyens qu’on nous donne pour nous protéger. J’avais fait une commission d’enquête sur les ingérences étrangères. Nous les avions dénoncés à l’époque. Malheureusement, en quatre ans, l’État n’a pas progressé. Presque toutes les semaines, il y a des attaques sur les données des Français en France.

Êtes-vous en mesure de dire aux adhérents du RN, à vos cadres, dont les données étaient peut-être contenues dans les serveurs, que ces fuites n’ont pas été exposées ?

Les données des adhérents ou même des candidats n’ont pas été exposées. Je crois que c’est une des pages d’accueil qui a été attaquée, la photo de Marine Le Pen qui a été remplacée sur le site. Et d’ailleurs son compte a été attaqué le même jour. Donc je ne sais pas s’il y a un lien entre le fait que sa photo a été attaquée sur le site du parti et que son compte Twitter a été attaqué. Mais en tout cas, c’est Marine Le Pen (…), la personne, la figure, l’image de Marine Le Pen qui a été attaquée.

Vous allez renforcer les moyens de lutte chez vous en interne ?

Ils sont renforcés à proportion des moyens d’un parti politique en France qui sont faibles pour l’ensemble des partis. Et nous, on dispose des moyens mis à disposition des citoyens français. Les partis politiques n’ont pas des droits différents des zones, malheureusement. Enfin malheureusement, c’est la situation. Et quand l’État lui-même, avec tous les moyens qu’il a, n’arrive pas à protéger les données des Français, ne veut pas le faire, la France est exposée. En particulier des menaces qui viennent de la Russie, de certains pays du Golfe, des États-Unis, de la Chine.

Donc le parquet de Paris a été saisi. Le Sénat a adopté sans surprise la loi d’urgence agricole. Selon toute vraisemblance, la ministre de la Transition écologique va présenter sa démission [dans la matinée] au chef de l’État. Son départ serait une décision logique ?

Non, mais bon… Franchement, ce n’est pas l’attaque contre la personne, [mais] Madame Barbut n’a pas porté de projet, n’a pas de ligne, ses opinions ne sont pas connues. C’est la grande inconnue du gouvernement. Elle est sans doute opposée, mais elle n’est pas venue défendre ses arguments, on ne l’a pas entendue. Je pense que vous-même, vous ne savez même pas ce qu’elle fait au gouvernement. C’est une figure très étrange, mais j’ai envie de dire que c’est bien fait aussi pour la Macronie, qui prend des gens sans expérience politique, sans ligne politique, qui n’ont pas de légitimité particulière, à part le choix de M. Macron, le choix du prince. Puis on se retrouve avec des gens qui partent. On ne sait pas pourquoi elle est venue et on ne sait pas pourquoi elle part.

Si elle part, est-ce que vous dites que c’est une crise gouvernementale ? Est-ce que ça fragilise le Premier ministre, qui aurait dû tenir à la fois la position de la ministre de l’Agriculture et de la Transition écologique ?

Je pense que M. Lecornu n’a pas choisi Mme Barbut dans le gouvernement. Ça doit être une idée de M. Macron, comme il avait l’idée de M. Hulot. Et quand, quelques années après son départ du gouvernement, M. Hulot avait été interrogé par les commissions d’enquête sur l’énergie et le nucléaire, M. Hulot n’était même pas au courant des dossiers qu’il traitait, c’était sa directrice de cabinet qui répondait à sa place. Si vous voulez prendre des gens qui sont des personnalités de la télévision comme M. Hulot, sans expérience politique ou gouvernementale, ou comme Madame Barbut, qui est une millionnaire.

Elle était présidente de WWF, elle avait a priori une compétence sur les questions écologiques.

Sa seule compétence connue, c’est d’être une millionnaire qui s’occupe du WWF. Franchement, ce n’est pas une attaque personnelle. Moi, je vous mets au défi de me trouver une position politique comme ministre de Mme Barbut.

Vous êtes député de la Somme. Il y a une importante culture de la betterave dans votre département, culture qui, sur dérogation, pourrait donc bénéficier de l’une des deux substances néonicotinoïdes. Les producteurs de betterave demandent à pouvoir bénéficier dès mars, pour les semis, de cette dérogation. Est-ce que vous demandez au ministère de l’Agriculture, qui doit porter ce dossier, d’accélérer les choses et que ça se fasse dans les prochains mois ?

Mais absolument. Et grâce à notre députée Hélène Laporte qui s’est battue sur ce texte, on a évité un amendement de dernière minute qui aurait empêché que ce soit validé en mars, et qui renvoyait la décision après la présidentielle de 2027. Donc ce gouvernement n’est pas courageux. Il ne voulait pas prendre la décision.

Le dossier doit être déposé là, dans les prochaines semaines ?

Heureusement que le RN, avec Hélène Laporte et nos députés qui étaient très mobilisés pour défendre nos agriculteurs, était là. Et je tiens à rassurer les Françaises et les Français qui sont largement inquiétés par la gauche radicale.

La France Insoumise doit déposer des saisines au Conseil constitutionnel.

Comme d’habitude, ils n’acceptent pas la démocratie. Quand ils perdent des votes, ils utilisent tous les recours possibles, et surtout ils se moquent complètement des agriculteurs. Donc la France Insoumise, si vous voulez, tous les jours, moi je les vois à l’Assemblée, ils mangent des produits avec du sucre importé du Brésil, de pays qui ne respectent aucune norme, et ils sont inquiets pour le sucre produit en France qui est le plus sûr du monde. Ils n’ont aucune cohérence.

Vous êtes membre de la Commission des Finances. Le Premier ministre, dans une interview à Paris Match aujourd’hui, indique qu’il n’est pas très optimiste pour « tenir l’objectif de réduction du déficit pour 2026 et 2027 ». L’objectif était de 5%. Vous l’accusez de quoi ? De ne pas avoir fait assez ?

Il est complètement incompétent. Excusez-moi, quand vous êtes Premier ministre de la France, M. Lecornu, il est ministre depuis le début du premier mandat d’Emmanuel Macron. Si au bout de dix ans, à la tête des affaires de l’État, et là comme Premier ministre, M. Lecornu est inquiet de la propre gestion des gouvernements de M. Macron et de M. Macron lui-même, c’est quand même très inquiétant.

Vous ne pouvez pas nier qu’il y avait une guerre au Moyen-Orient ?

Ça n’a rien à voir avec l’état des comptes publics.

Ça peut avoir des conséquences sur l’État des comptes publics.

Les comptes publics de la France sont lanternes rouges depuis dix ans. Il y a dix ans de rapports de la Cour des comptes disant que les dépenses n’ont jamais été maîtrisées. Ils ont fait n’importe quoi avec l’endettement, ils ont fait n’importe quoi avec la dépense publique. Ils ont fait des cadeaux fiscaux aux plus favorisés de ce pays, provoquant la crise des gilets jaunes déjà à l’époque sur la question fiscale.

Sébastien Lecornu propose de diminuer le remboursement des médicaments, ou encore les niches fiscales.

Mais comme d’hab, M. Lecornu veut présenter la facture de son incompétence aux classes moyennes françaises, aux malades, aux chômeurs, aux entrepreneurs. Ils ne sont pas capable de faire des économies de la structure de l’État. Il y a beaucoup d’économies à faire dans notre pays. On dépense 1 600 milliards d’euros par an et il y a de quoi faire. Par exemple, baisser la TVA, c’est 1% des dépenses de l’État.

Ce sera l’objet, on imagine, de la discussion du budget qui se déroulera à l’automne. Merci d’avoir été notre invité. Très bonne journée à vous.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité


Source:

www.franceinfo.fr

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