Ce drone-ci, même la fiction n’avait pas songé à l’inventer. Des chercheurs de l’université de Northwestern (EU) ont conçu un dispositif volant invisible qui exploite les limitations de la vision humaine! Fantasme de la science-fiction depuis le roman de H.G Wells de 1897, L’Homme invisible, et popularisé depuis par une vingtaine de films, la capacité de pouvoir disparaitre aux yeux de tous est, depuis très longtemps, soumise à l’expertise et la curiosité des scientifiques.
Plusieurs projets sont à l’étude depuis une vingtaine d’années. Parmi les plus avancées, une cape d’invisibilité constituée de métamatériaux. Soit, un objet capable de courber les rayons lumineux pour les empêcher de s’y refléter. Théoriquement, cela fonctionne. Lorsqu’une onde, de quelque nature qu’elle soit d’ailleurs, électromagnétique pour la lumière, sonore ou bien encore sismique, n’est pas réfléchie par un objet, ce dernier devient invisible.
Moins performante que la cape d’Harry Potter
John Pendry, un physicien britannique a imaginé une telle cape en 2006 constituée d’un assemblage de matériaux composites qui n’existent pas à l’état naturel et présentant un indice de réfraction négatif. Voilà pour la théorie. En pratique, c’est une autre paire de manches. Les métamatériaux ne seraient pas également efficaces pour toutes les longueurs d’ondes lumineuses, certaines couleurs seraient occultées, d’autres non. De plus, un objet conçu de cette manière ne serait efficace qu’en deux dimensions: placé en face d’une telle cape, elle apparaitrait transparente mais il suffirait de vous décaler d’un iota pour qu’elle réapparaisse. Las! cette cape d’invisibilité serait bien moins performante que celle d’Harry Potter.
Pas invisible mais super flou
Les chercheurs de l’université de Northwestern ont suivi une toute autre stratégie. Celle là même d’ailleurs qu’exploite l’illusion cinématographique. En effet, si un défilement d’images fixes vous apparait fluide et animé, c’est qu’une image capté par notre oeil y demeure imprimé pendant un certain temps. 50 millisecondes exactement. Cela signifie qu’en l’espace d’une seconde, notre oeil, donc notre cerveau, est capable de percevoir 20 images distinctes. Au dessus de ce seuil, il nous est impossible de ressentir la succession d’images. C’est cette persistance rétinienne qui a dicté la cadence standard de projection des films à 24 images par seconde.
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Et, justement, le drone des scientifiques américains, baptisé “Phantom Twist“ tourne sur lui même 25 fois par seconde, ce qui est trop rapide pour que l’oeil humain le perçoive distinctement. D’où cette troublante sensation de flou que vous pouvez ressentir sur la vidéo ci-contre. Même si l’objet n’est donc pas totalement invisible, il apparait comme un nuage spectral qui se confond en partie avec le paysage.
Flou certes mais très bruyant
Les application seraient multiples pour ce drone d’un genre nouveau. Vient immédiatement à l’esprit, celui inquiétant de la surveillance des populations dont pourraient s’emparer gouvernements et autorités policières. Plus scientifiquement, les chercheurs songent à exploiter la capacité de ce drone à pouvoir se fondre dans l’environnement afin d’observer les animaux dans leur milieu naturel.
Toutefois, il reste deux écueils à surmonter. Si le « Fantôme tournoyant » est visuellement discret, il fait un boucan d’enfer, ce qui ne risque pas de passer inaperçu au sein de la faune sauvage. De plus, tous les animaux ne disposent pas de la même persistance rétinienne. Beaucoup d’entre eux ont un système visuel capable de rafraichir beaucoup plus vite que le notre. Bref, en plus d’être bruyant, ce drone apparaitrait à bien des animaux aussi discret qu’un quarteron de chasseurs éméchés…
Source:
www.sciencesetavenir.fr


