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L'Allemagne attendait un datacenter pharaonique d'OpenAI qui aurait été alimenté par le nucléaire français: cet énorme projet discrètement négocié par Merz serait abandonné

OpenAI aurait renoncé à son projet de datacenter géant d’un gigawatt en Allemagne, qui devait être alimenté par le nucléaire français. Cet investissement pharaonique ne devrait finalement pas avoir lieu: un camouflet pour Berlin, pourtant leader des centres de données en Europe.

Fausse joie outre-Rhin. Alors que l’Allemagne espérait depuis l’automne un investissement colossal d’OpenAI pour la construction d’un centre de données géant, le projet a fini par être abandonné. Le média allemand Handelsblatt livre les détails de la négociation de ce gigantesque plan tombé à l’eau.

D’après les données du journal économique, la capacité de calcul de cet hyperscaler – du nom de ces infrastructures de gestion de données surpuissantes – devait atteindre un gigawatt. Un projet pharaonique à l’échelle de l’Allemagne, puisque la totalité des centres de données consacrés à l’intelligence artificielle (IA) existants dans le pays ont une puissance d’à peine plus de 0,5 gigawatt, soit la moitié. À titre de comparaison, le projet français de Campus IA, présenté comme le plus grand datacenter d’Europe pour un coût annoncé de 50 milliard d’euros devrait mobiliser 1,4 gigawatt de puissance électrique, l’équivalent de la production d’un réacteur nucléaire.

Une centrale alimentée au nucléaire français

Selon les sources interrogées par Handelsblatt, l’idée avait germé en septembre 2025, lors d’une discussion entre le chancelier Friedrich Merz, le ministre du Numérique Karsten Wildberger et Sam Altman.

Le PDG d’OpenAI aurait alors manifesté son souhait d’ériger ce centre à proximité de la frontière française, afin de pouvoir le faire tourner grâce à de l’énergie nucléaire tricolore. Celle-ci est en effet bien moins chère que celle de sa voisine, puisqu’elle s’appuie largement sur des centrales à gaz et à charbon, dont l’électricité est soumise à d’importantes taxes carbone.

Autre avantage: le faible coût environnemental du nucléaire, dans un contexte de préoccupation croissante autour de l’explosion des émissions carbone des géants de l’IA. Lors de l’été 2025, OpenAI avait choisi la Norvège pour lancer son premier centre de données en Europe, notamment pour ses capacités à pouvoir fournir une énergie entièrement renouvelable.

Un problème financier pour OpenAI?

Malgré les promesses, le projet allemand semble avoir fait long feu – une information qu’OpenAI, interrogé par le média, n’a ni confirmée ni démentie. Les raisons de cet enlisement demeurent floues. Plusieurs hauts fonctionnaires soupçonnent une sorte de ballon d’essai, voire des paroles en l’air de la part d’un patron réputé pour ses arrangements avec la réalité. Récemment, le magazine américain The New Yorker révélait des documents internes du conseil d’administration d’OpenAI dans lesquels Sam Altman était accusé de mentir systématiquement.

Hypothèse alternative: la firme de San Francisco, qui prépare son entrée en bourse, n’aurait pas les moyens de ses ambitions. Il y a un an de cela, OpenAI lançait le projet Stargate: une campagne d’investissement de centaines de milliards de dollars pour faire sortir de terre des infrastructures nécessaires à l’explosion de l’usage de ses logiciels. Un pari financier aussi démesuré que risqué, alors que la firme est loin d’être rentable. Rien qu’en 2025, OpenAI a perdu 38 milliards de dollars et l’essentiel de ses ressources pourrait être brûlé en trois ans si ses objectifs de revenus ne sont pas atteints, notait le Wall Street Journal en avril 2026.

Handelsblatt pointe également la situation réglementaire de l’Allemagne, pays réputé pour sa réglementation complexe en matière de dépense énergétique. Cette tension entre réglementation environnementale et essor des infrastructures liées à l’IA traverse tout le continent.

Adoptée en avril 2026 en France, la loi dite « simplification » vise à faciliter le déploiement de centres de données, en assouplissant leurs contraintes environnementales. Au niveau continental, l’Association européenne des centres de données appelait en juin 2026 à recourir à des centrales à gaz pour alimenter les datacenters d’IA, quitte à renoncer aux ambitions climatiques.


Source:

www.bfmtv.com

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