À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, le gouvernement prépare déjà son budget. Un texte d’attente, destiné avant tout à éviter une dérive des comptes publics avant que la prochaine majorité ne reprenne la main.
Publié le 17/07/2026 07:55
Mis à jour le 17/07/2026 09:22
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Le gouvernement prépare déjà, en ce mois de juillet, son budget pour 2027, alors que les caisses de l’État sont de plus en plus vides. Une question se pose : à quoi sert un budget à quelques mois d’une présidentielle ? Concrètement, il sert à faire tourner l’État, à financer les dépenses publiques, les services publics et les fonctionnaires. Mais, vu l’état des finances publiques, il sert surtout à tenter de sauver les meubles. « Il est urgent d’arrêter la machine infernale de la dette publique », résume le ministre du Budget. Bercy et Matignon cherchent ainsi à préparer les esprits à des coupes budgétaires et à envoyer des signaux clairs aux créanciers de la France.
Dans les cartons de ce budget 2027 figure une hausse limitée à 0,4% des dépenses., avec des ministères gagnants, comme les Armées, l’Écologie, l’Éducation ou encore la Sécurité et des perdants, notamment la Sécurité sociale, le Travail et les collectivités territoriales. Sans surprise, le président de la commission des Finances, l’Insoumis Éric Coquerel, dénonce « un budget qui ne règle rien ». Et, sur le fond, c’est vrai : ce budget ne règle rien et ne promet rien. Le gouvernement n’a ni le poids politique ni réellement la légitimité pour aller plus loin. C’est un budget d’attente.
Mais d’attente de quoi ? Soit d’un sursaut, soit d’un crash. Le ou la future président(e) de la République en 2027 ne pourra pas s’extraire de cette réalité : la France a un problème d’équilibre budgétaire. Chacun porte sa part de responsabilité. Cela fait 50 ans que la dette n’empêche personne de dormir et que les promesses succèdent aux dépenses non financées. Ce budget 2027 a donc pour mission de faire patienter quelques mois sans laisser les déficits s’envoler davantage. Charge à la prochaine majorité de reprendre la main, avec ici de nouveaux impôts pour les plus riches, là des coupes dans les prestations sociales des étrangers. Chacun avancera ses promesses, mais la future majorité sera responsable de ses choix.
Reste une dernière question : d’ici à la présidentielle, l’opposition aura-t-elle envie de voter le budget porté par Sébastien Lecornu ? L’envie, sans doute pas. Le besoin, en revanche, oui. Car pour que le prochain président fasse adopter un budget rectificatif après l’élection, il faut d’abord qu’un budget initial existe. À défaut, le pays fonctionnerait avec une loi spéciale, ce qui entraînerait une dérive des comptes publics pendant six à neuf mois et obligerait le futur gouvernement à reprendre tout le travail budgétaire depuis le début. Ce serait économiquement et politiquement suicidaire.
Voilà pourquoi les prochains mois pourraient donner lieu à une véritable chorégraphie politique. Les oppositions fustigeront le budget Lecornu, dénonceront les coupes budgétaires et chacun fera de la politique pendant les débats. Mais, au bout du compte, il n’est pas impossible que le texte soit discrètement adopté. C’est peut-être la véritable fonction de ce budget 2027 : laisser les suivants décider de ce qu’ils feront de nos 3500 Milliards d’euros de dette. et leur transmettre la responsabilité de leurs choix politiques et budgétaires.
Source:
www.franceinfo.fr

