
Washington a annoncé ce mercredi l’instauration de droits de douane à hauteur de 25% sur certaines exportations brésiliennes. La présidence brésilienne a d’ores et déjà annoncé rejeter cette imposition.
Le gouvernement américain relance le chapitre droits de douane. Washington a annoncé ce mercredi l’instauration de 25% de surtaxes sur un certain nombre de produits importés du Brésil. Un coup dur pour le pays, qui entretient pourtant une balance commerciale déficitaire avec Washington avec 40 milliards de dollars d’exportations pour 54 milliards d’importations.
Ces nouvelles taxes devraient entrer en vigueur dès la semaine prochaine, à partir du 22 juillet, « le temps de les mettre en oeuvre dans les systèmes de douane », a précisé un responsable. Seuls certains biens, notamment « ceux que l’on ne produit pas ou qui ne poussent pas naturellement aux États-Unis » seraient exemptés, à l’image des oranges.
Les produits qui « auraient un impact sur la chaîne d’approvisionnement ou l’économie (…) comme certains produits énergétiques ou certaines pièces détachées aéronautiques » y échappent également.
Une réaction à un durcissement des lois sur les réseaux sociaux
La décision fait suite à une enquête lancée en 2025 par la Maison Blanche au Commerce. Elle se concentrait sur la lutte anticorruption, la lutte contre la propriété intellectuelle ou les conséquences de la déforestation. Mais le principal reproche reste certaines décisions de justice brésilienne, notamment sur le plan numérique.
Le pays avait notamment imposé aux réseaux sociaux de « supprimer certains contenus politiques » ou « l’imposition d’astreinte en cas de non respect de la décision ». Des mesures que Washington perçoit comme « des barrières commerciales déloyales », justifiant l’imposition de droits de douane.
Brasilia est également accusée d’avoir appliqué des droits de douane plus avantageux sur certains produits indiens ou mexicains. Cela représente pour la Maison Blanche « un désavantage qui n’est pas en adéquation avec les obligations internationales ».
Le Brésil a déjà rejeté ces surtaxes
Déjà présents dans le débat public brésilien, à quelques mois de l’élection présidentielle, les droits de douane américains risquent de devenir un sujet de campagne. Le pays avait déjà été visé par des taxes jusqu’à 50% sur certains produits, en réaction à la condamnation de Jair Bolsonaro, reconnu coupable de tentative de coup d’État. Washington en avait finalement supprimé certaines comme le café, la viande de boeuf ou les tomates face à l’inflation qu’elles faisaient peser sur les ménages.
Face à la nouvelle, la présidence du Brésil a déjà déploré cette décision n’y voyant « aucune justification ». Le président Luiz Inacio Lula da Silva a réfuté dans un communiqué toutes les « allégations » avancées par Washington sur de « prétendues pratiques commerciales déloyales adoptées par le Brésil ».
Fin février, la Cour suprême américaine avait annulé une bonne part des droits de douane voulus par le président américain, estimant que ce dernier avait fait une lecture anticonstitutionnelle d’un texte de loi pour les justifier. Ne sont pas concernés les droits de douane sectoriels, visant notamment l’automobile, l’acier, l’aluminium ou le cuivre.
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