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Disparu sous les glaces, le dernier navire de Shackleton a été photographié pour la première fois

Né en 1874 et mort en 1922, Sir Ernest Shackleton fut une figure centrale de l’âge héroïque de l’exploration antarctique. À cette époque, détaille Gizmodo, des explorateurs du monde entier osaient traverser les mers glacées pour conquérir le continent antarctique. L’Irlandais ne fut pas le premier à atteindre le pôle Sud, exploit attribué à l’explorateur norvégien Roald Amundsen, mais ses multiples voyages dans les mers australes ouvrirent la voie aux expéditions et à la science en Antarctique.

En 1921, il entreprit ce qui serait sa dernière expédition polaire: avant même d’atteindre les eaux arctiques, il périt d’une crise cardiaque à bord du bateau sur lequel il avait embarqué, le Quest. En 1962, après quelques explorations arctiques et des campagnes de chasse aux phoques, le navire fut percé par la glace lors d’une expédition et coula au large des côtes du nord-est du Canada, où il demeura piégé sous l’eau. Le Quest, resté invisible jusqu’alors, a pour la première fois été filmé.

Petit mais immense

Une expédition exceptionnelle menée par la Société géographique royale du Canada (SGRC) a permis de découvrir et de photographier l’épave du Quest. Des véhicules sous-marins télécommandés ont localisé le navire à environ 390 mètres de profondeur dans la mer du Labrador, partie de l’océan Atlantique située entre la péninsule du Labrador, Terre-Neuve et le Groenland.

Le site de l’épave s’est transformé en spectaculaire oasis de vie au milieu d’un fond marin totalement désert. «Le Quest n’était pas un grand navire, mais il me paraît immense, commente John Geiger, patron de la SGRC et chef de l’expédition. C’est très émouvant de penser que Shackleton arpentait ce pont.»

C’est en 2024 qu’un sonar de la SGRC découvrit l’épave du Quest et en livra les premières images. À la suite de cette découverte capitale, la Royal Navy a organisé une expédition d’exhumation. Baptisée «2026 Heroic Age Expedition», celle-ci fut lancée le 2 juillet 2026.

Son objectif était d’utiliser une combinaison de vidéo à ultra-haute résolution et de photogrammétrie (technique de mesure basée sur la photographie) pour évaluer l’état actuel du Quest et du Terra Nova, un autre navire disparu, commandé par Robert Falcon Scott, contemporain de Shackleton.

Lorsque l’équipe a repéré l’épave, elle a pu constater que le navire était en plus mauvais état que ne le laissaient présager les images sonar de 2024. En effet, une épaisse couche de filets de pêche et d’engins de chalutage recouvrait le site, obstruant la vue des opérateurs des véhicules d’imagerie. Mais la déception ressentie de prime abord a rapidement fait place à une phase d’enthousiasme une fois que les véhicules d’imagerie télécommandés eurent terminé leur reconnaissance initiale de l’épave.

Il semble que le Quest «soit en train de devenir une expérience scientifique à part entière», explique Antoine Normandin, directeur de recherche de l’expédition. Au cours de sa vie, le Quest a rempli diverses fonctions et a subi des rénovations à différentes époques technologiques.

Par exemple, à un moment donné, son moteur à vapeur a été remplacé par un moteur diesel, tandis que la proue et la poupe ont été entièrement reconstruites après la Seconde Guerre mondiale. De ce fait, on observe aujourd’hui «des strates de biodiversité visibles autour de l’épave», ajoute-t-il. À leur tour, les prochaines semaines d’observation apporteront sans doute leur lot de richesses, d’enseignements et d’émotions.


Source:

www.slate.fr

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