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Mathieu van der Poel, une victoire pour lancer Alpecin et nourrir son histoire avec le Tour de France

Le coureur néerlandais a signé le premier succès de sa formation depuis le Grand Départ. C’est la troisième fois de sa carrière qu’il lève les bras sur une épreuve qui fait inévitablement partie de son histoire.


Publié le 12/07/2026 19:08



Mis à jour le 12/07/2026 19:08

Temps de lecture : 3min

Mathieu van der Poel sur le podium après sa victoire sur la 9e étape du Tour de France, le 12 juillet 2026. (DAVID PINTENS / AFP)

Mathieu van der Poel sur le podium après sa victoire sur la 9e étape du Tour de France, le 12 juillet 2026. (DAVID PINTENS / AFP)

Il a de nouveau illuminé de son talent le Tour de France. Mathieu van der Poel s’est imposé sur la neuvième étape de la Grande Boucle, dimanche 12 juillet, sous la chaleur de la canicule et avec 30 kilomètres rabotés entre Malemort et Ussel.

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À l’arrivée dans la cité de Corrèze, l’ancien champion du monde est allé chercher une victoire en forme de juste récompense, après avoir fait partie de l’échappée du jour, et beaucoup travaillé dans les derniers kilomètres, à l’initiative d’une attaque décisive dans la dernière ascension de la journée pour répondre au retour à pleine vitesse du peloton.

« C’est pour ça que j’ai aussi attaqué dans la bosse », a-t-il expliqué peu après sa victoire sur le plateau de Vélo Club. « Et après ça tournait bien à quatre. Et quand on est à un peu plus d’un kilomètre de l’arrivée, il y avait un panneau avec 38 secondes, et je savais qu’on allait jouer pour la victoire. »

Dans les rues d’Ussel, il a réglé ses derniers compagnons d’échappée, Tobias Johannessen (Uno-X), Tom Pidcock (Pinarello Q36.5) et Alex Baudin (EF Education), dans cet ordre à l’arrivée, grâce à un sprint intelligent et justement mesuré, sans partir trop tôt, ce qui a pu lui jouer des tours par le passé, ni trop tard. « Tous les quatre méritaient de sprinter pour la victoire, mais c’était assez évident que Mathieu était le plus fort », a résumé le manager de sa formation, Philip Roodhooft. « On sait que quand il est très fort, il arrive dans cette position, et il ne laisse rien passer. »

Pour son paternel Adrie, le succès du jour s’est aussi joué à « l’envie », après une première semaine exigeante et rendue encore plus difficile par les vagues de chaleur : « Mathieu est capable de faire des choses s’il a envie. S’il n’a pas envie, personne ne va le faire changer d’avis. »

Il n’avait pas envie, il n’y a pas d’explication, il dit que c’est trop dur, lui il a vraiment besoin des étapes qui lui conviennent bien. Je lui ai dit que les étapes les plus faciles à gagner pour lui, elles sont passées, parce que pour cette étape, il y a beaucoup de monde qui pouvait jouer la victoire. Et je trouve ça extraordinaire. Je pense que quand la pression est la plus haute, c’est lui qui se débrouille, il fait le maximum et il gagne.

Adrie van der Poel, père de Mathieu

à franceinfo: sport

De quoi décrocher la première victoire de son équipe sur cette édition 2026, alors qu’Alpecin était aussi attendue au tournant sur les arrivées au sprint, avec Jasper Philipsen maillot vert en 2023. Mais le Belge n’a pas encore réussi à lever les bras sur les trois premières étapes promises aux sprinteurs, cinquième à Pau et à Bordeaux, ou encore quatrième à Bergerac, et sa formation, forcément, rongeait son frein.

« Il y a de la pression, il y a toujours de la pression jusqu’à ce que tu décroches ta première victoire sur le Tour de France », a assuré Philip Roodhooft. « Mais cela ne signifie pas que nous étions inquiets, parce qu’on savait que Mathieu était fort, que Jasper est fort, que nous avons une équipe forte. » Une promesse partagée par le vainqueur du jour sur les antennes de France Télévisions : « Je pense que Jasper n’a juste pas les jambes pour gagner au sprint pour ce moment, mais ça va venir. »

En attendant, c’est bien lui qui a pris la lumière. Et écrit une nouvelle page de son histoire presque naturelle avec la Grande Boucle, lui le petit-fils de la légende Raymond Poulidor, éternel second sur les routes du Tour. Dimanche, entre Malemort et Ussel, il a d’ailleurs roulé sur les terres du grand-père. Pas forcément une motivation supplémentaire, car « être sur le Tour c’est toujours spécial, j’ai toujours une pensée pour lui », comme il l’a affirmé en conférence de presse.

Lui aussi dont le père Adrie, tout ému au bus de la formation Alpecin dimanche dans les rues de la cité corrézienne, a également porté le maillot jaune et remporté deux étapes. Devant les journalistes, il a d’ailleurs plaisanté sur le sujet alors que son rejeton, qui signe son troisième succès personnel, le dépasse dans les livres d’histoire du Tour.

Lui, surtout, qui entretient une relation contrastée avec cette épreuve, une histoire dont il n’a presque rien demandé, mais qui accompagne chacun de ses coups de pédale sur les routes françaises. « Classicman » plus que leader, il a terminé moins de 50% des Grands Tours auxquels il a participé, un chiffre qui tombe à un tiers sur le Tour.

« Le Tour, ce n’est jamais facile pour moi, c’est seulement ma troisième victoire. Je pense que tout le monde sait comment c’est difficile pour moi de gagner une étape », a-t-il reconnu à Vélo Club. « Ce n’est jamais évident, et c’est pour ça que c’est toujours spécial quand même. » Avec une troisième victoire d’étape à ajouter à ses dix jours en jaune entre 2021 et 2025, la Grande Boucle n’en a pourtant pas fini de vibrer avec lui.


Source:

www.franceinfo.fr

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