De quel poids ont pesé les dissensions du camp républicain dans sa défaite durant la Guerre Civile espagnole ? C’était ce que tente de saisir « Guerre ou Révolution », deuxième épisode de la série « Une guerre perdue et oublié » en 1986.
» Guerre ou Révolution « , la fracture idéologique
Guerre ou révolution ? « La guerre », répondaient à cette question les communistes d’obédience stalinienne et moscovite engagés dans le combat contre les franquistes, en estimant que la révolution devait attendre la victoire. « La guerre ET la révolution » proclamaient les marxistes antistaliniens du POUM et les anarchosyndicalistes de la CNT. Pour ces derniers, elles étaient indissociables, la résistance aux franquistes perdrait son sens si on l’amputait de la révolution sociale que la guerre avait déclenchée.
L’explosion d’une révolution spontanée
Cette révolution qui accompagna la résistance populaire au coup d’état antirépublicain de 1936, « Guerre ou Révolution » en rappelle le caractère spontané et ce qu’elle a eu d’unique dans l’histoire, à travers les témoignages de certains de ceux qui en avaient été des acteurs de premier plan, telle Federica Montseny ancien membre de la CNT, ministre de la Santé et des Affaires sociales de novembre 1936 à mai 1937 : » Ce sont les travailleurs qui ont fait la révolution, et la guerre aussi « .
L’ombre de l’URSS et la répression interne
» Guerre ou révolution » rappelle aussi comment Staline et le Parti Communiste espagnol avaient décidé de mettre un terme à cette révolution qui leur échappait, y compris de la manière la plus radicale. Car Carlos Semprun Maura l’affirme : à partir de novembre 1936, dans le camp républicain, c’était Moscou qui donnait les ordres.
Par Carlos Semprun Maura et Philippe Ganier-RaymondAvec Fernando Arrabal (poète, romancier, essayiste, dramaturge et cinéaste), Federica Montseny (intellectuelle et femme politique anarchiste, ancien membre de la CNT, ministre de la Santé et des Affaires sociales de novembre 1936 à mai 1937), Manuel Azcarate (journaliste, ancien dirigeant du Parti communiste d’Espagne : PCE), Wilebaldo Solano (homme politique et journaliste communiste, dirigeant du Parti Ouvrier d’Unification Marxiste : POUM) de 1948 à 1980), Abel Paz nom de plume de Diego Camacho Escámez (historien, écrivain et militant anarchiste), Josep Tarradellas (homme politique, président de la Généralité de Catalogne en exil de 1954 à 1977) et Ignacio Iglesias Suarez (un des dirigeants du Parti Ouvrier d’Unification Marxiste : POUM, entre 1935 et 1937)Musique Francisco SemprunRéalisation Maurice AudranCommunauté des Radios Publiques de Langue Française – Une guerre perdue et oubliée 2/5 : Guerre ou révolution ? (1ère diffusion : 05/08/1986)Archive INA/Radio FranceEdition web : Documentation de Radio France
Source:
www.radiofrance.fr


