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Les pendus du Niolu, une histoire au cœur de la Corse 1/2 : Résistants d’un autre temps

« Je devais aller d’Ajaccio à Bastia, par la côte d’abord, puis par l’intérieur, en traversant la sauvage et aride vallée du Niolo, qu’on appelle là-bas la citadelle de la liberté, parce que, dans chaque invasion de l’île par les Génois, les Maures ou les Français, c’est en ce lieu inabordable que les partisans corses se sont toujours réfugiés sans qu’on ait jamais pu les en chasser ni les y dompter. »Guy de Maupassant, Histoire corse (Texte publié dans Gil Blas du 1er décembre 1881, sous la signature de Maufrigneuse)

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Le lac artificiel de Calacuccia – © Gaël Gillon

Cette histoire se déroule dans la vallée du Niolu. Au pied des plus hauts sommets de Corse, cette petite vallée enclavée est souvent décrite par les corses comme “une île dans l’île”. C’est dans cet écrin de roches que s’est déroulé un événement qui a marqué les mémoires.

En juin 1774, les troupes du roi de France, qui ont pris possession de l’île en 1769, pénètrent dans la vallée. Quelques semaines plus tôt, 400 résistants corses s’y étaient réunis avec pour objectif de prendre le port d’Île-Rousse. Après avoir mis en échec ce soulèvement, les troupes françaises veulent mettre un point d’arrêt à la résistance corse. Elle s’est constituée après la bataille de Ponte Novu, lors de laquelle les armées de la République corse indépendante ont été défaites par les troupes françaises.

Le couvent de Calacuccia ouvrir crédits photo
Le couvent de Calacuccia – © Gaël Gillon

Lorsque celles-ci arrivent dans le Niolu en juin 1774, accompagnées des soldats du régiment provincial corse au service de la France, une soixantaine d’habitants de la vallée sont arrêtés. Dans le couvent du village de Calacuccia, ils seront jugés pour rébellion et condamnés à la déportation au bagne de Toulon ou au supplice de la roue. Faute de temps ou par manque de moyens, les officiers du Roi décident de pendre onze hommes sur-le-champ, chacun devant son village, et interdisent de les porter en terre. Cette répression est à l’image de celle appliquée pendant le règne de Louis XV et à la mesure d’un objectif politique et militaire : celui de briser toute velléité d’indépendance.

La plaque commémorative devant le couvent de Calacuccia ouvrir crédits photo
La plaque commémorative devant le couvent de Calacuccia – © Gaël Gillon

Pour en parler

Jean-Paul Luciani, ancien directeur des programmes chez ICI RCFM et réalisateurJean-Pierre Poli, avocat honoraire et essayisteJean-Baptiste Castellani, ancien maire de CalacucciaAntoine-Marie Graziani, historien

Bibliographie

Flori François, Le procès des Niolins 1774 (Société d’études du Niolu, Cahier n°1, 1975)Jean-Pierre Poli, 1769-1789 : vingt ans de resistance en corse (éditions Alain Piazzola)Jean-Paul Luciani, Juin 1774, coup de filet chez les indépendantistes corses (Historia, n°631, juillet 1999)Jean-Luc Luciani, Musa Chi parte da Corscia (éditions Alain Piazzola)Lucrèce Luciani, La ballade du pendu du Niolu (éditions Azoé)

Archives

Extraits d’enregistrements de la pièce A rimigna, Teatru Corsu di Ricerca, de Saveriu Valentini (Rinatu Coti, 1974)

Musiques

Kora chords par Sébastien CasanovaA paghjella di l’Impiccati par A FilettaChamber par SmoteOrigin par Yom

Générique

Un documentaire de Sébastien Geronimi, réalisé par Gaël Gillon. Prises de son, Clément Vuillet. Mixage, Manuel Couturier. Documentation INA, Ingrid Lecointre. Coordination, Emmanuel Laurentin. Chargée de programme et édition web, Sandrine Chapron.


Source:

www.radiofrance.fr

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