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"Il était temps" : pourquoi le timing du déclenchement du plan Orsec chaleurs extrêmes est critiqué par des associations

Ce nouveau dispositif, qui lutte contre l’isolement des personnes vulnérables face aux canicules, se met en place pour la première fois en France. Trop tardivement, selon les acteurs associatifs et les opposants politiques du gouvernement.


Publié le 11/07/2026 06:58

Temps de lecture : 3min

Sébastien Lecornu à la sortie du Conseil des ministres dans la cour de l’Elysée à Paris, le 9 juillet 2026. (HENRIQUE CAMPOS / AFP)

Un dispositif inédit face à un scénario qui ne l’est plus. Le gouvernement a déclenché vendredi 10 juillet le plan Orsec chaleurs extrêmes alors que la troisième vague de chaleur ou de canicule du printemps et de l’été 2026 atteint son pic ce week-end. Il vise à mieux coordonner la réponse de tous les services publics pour protéger la population la plus vulnérable face aux conséquences sanitaires de ces températures extrêmes. Il prévoit notamment l’ouverture de centres de rafraîchissement pour les personnes âgées ou les sans-abri.

Ces centres seront « identifiés et équipés dans chaque département : des lieux frais et accessibles » avec des « lits, des kits de secours, des sanitaires séparés et un encadrement humain renforcé », a précisé Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, sur TF1.

Ce plan a été créé pour la première fois le 2 juillet lors d’une cellule interministérielle de crise tenue par Sébastien Lecornu qui dressait le bilan des deux premiers épisodes. « Un nombre inédit de nos concitoyens sont décédés à leur domicile, notamment en Ile-de-France. C’est, pour le coup, quelque chose de nouveau et une grande différence avec la canicule de 2003, déclarait alors le Premier ministre. Il va falloir imaginer de nouvelles générations de réponses pour s’adapter à cette situation. »

Les personnes âgées isolées constituent la majeure partie de cette population vulnérable. « Il est de notre responsabilité collective de faire de leur protection en période de canicule une politique publique prioritaire », a réagi, le 6 juillet, l’association Petits Frères des pauvres, qui lutte contre l’isolement social.

Comment accueille-t-elle le déclenchement de ce plan Orsec chaleurs extrêmes ? « Le gouvernement est dans la réaction faute d’avoir été dans l’anticipation, comme tous les gouvernements depuis la canicule de 2003 », déplore Yann Lasnier, délégué général des Petits Frères des pauvres. « Il était temps », lâche Pierre Roux, le président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), sur France Inter. « On aurait été bien inspirés d’agir plus rapidement. Là, on est dans l’urgence. Donc on regrette et on est un petit peu en colère de ce retard », souligne-t-il, même s’il « salue l’intention ».

Ce message est aussi relayé par les opposants politiques de Sébastien Lecornu. « Le ‘plan inédit’ du gouvernement face à la canicule est surtout un plan improvisé », ironise le socialiste Olivier Faure sur franceinfo. A Matignon, on rappelle que « ce plan n’existait pas auparavant et qu’il a fallu le créer dans des délais record ». Le colonel Jérôme Boulanger, porte-parole de la sécurité civile, a néanmoins expliqué vendredi, sur franceinfo, que ce plan Orsec était déjà à l’étude « depuis quelques mois ». « A la demande du Premier ministre, les services ont accéléré les travaux de manière à pouvoir apporter une réponse la plus adaptée possible », a-t-il précisé.

Néanmoins, d’autres dispositifs existent déjà, comme le plan canicule et ce qui est mis en place par les municipalités dans le cadre des centres communaux d’action sociale (CCAS). « Là, on va deux, voire trois crans plus loin, en ciblant d’abord les personnes les plus vulnérables, avec un meilleur croisement des fichiers », précise Maud Bregeon. « Le gouvernement labellise des espaces rafraîchissants que certaines collectivités ou associations ont déjà mis en place sans l’attendre », tempère Yann Lasnier, des Petits Frères des pauvres, citant l’initiative « Oasis solidaire », qu’il a créée il y a trois ans.

Mais la création de ce dispositif Orsec est aussi une réponse politique. Lors des questions au gouvernement du 30 juin à l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a été vivement interpellé par Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste. « Les morts, vous les avez sur la conscience », a-t-elle lancé, dénonçant l’inaction du gouvernement. Le Premier ministre lui a répondu vertement en qualifiant de « scandaleu[se] » et d' »indigne » l’hypothèse de « 10 000 morts » avancée notamment par une autre élue écologiste, Sandrine Rousseau. Contactée par franceinfo, elle a par la suite évoqué une « estimation calculée sur la base des épisodes précédents ».

« On en arrivera à la conclusion qu’il n’y a pas d’inaction, mais qu’il y a un besoin évident d’accélération », a concédé le Premier ministre au sujet de la commission d’enquête que les écologistes veulent lancer sur l’action du gouvernement. Si certains représentants du monde associatif dénoncent un « plan de communication pour se protéger », le déclenchement de ce plan Orsec fait, pour Matignon, office de premier élément de cette phase d’accélération.


Source:

www.franceinfo.fr

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