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Retards et annulations de vols, temps de travail, gestion des emplois… La Cour des comptes épingle le contrôle aérien

La Cour des comptes pointe, dans un rapport qui sera publié lundi et que franceinfo a pu consulter, la gestion des ressources humaines à la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).


Publié le 05/07/2026 20:00

Temps de lecture : 2min

Des contrôleurs aériens de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle (THOMAS COEX / AFP)

La Cour des comptes a analysé les performances des 3 800 contrôleurs aériens et l’organisation du travail au sein de la DGAC. Dans son rapport, elle note notamment que la capacité de la DGAC à écouler le trafic aérien sans retards ou annulations de vols s’est dégradée depuis la fin de la période Covid, alors que le trafic est revenu à son niveau d’avant la pandémie. Cette dégradation peut « poser un problème européen et un risque de sanctions pour la France », alerte le rapport. L’été dernier notamment, un record de retards a été enregistré, avec plus de 3 minutes 30 secondes en moyenne par vol.

La Cour des comptes note pour s’en féliciter la fin, ou presque, des « clairances » : une pratique illégale, mais auparavant très fréquente, qui permettait à des contrôleurs aériens de rentrer chez eux, sur leurs heures théoriques de travail, quand la quantité de travail et de vols à surveiller était jugée insuffisante. La Cour accueille aussi favorablement la mise en place d’un système de badgeuses biométriques, désormais déployé à 80% et normalement à 100% à la fin de l’année, comptabilisant les heures réellement effectuées. Mais ce nombre d’heures reste encore très inférieur à la moyenne des autres salariés du secteur : 1 420 par an, au lieu de 1 607. Cela correspond à trois jours de travail par semaine, incluant en outre des pauses obligatoires et des récupérations accordées de manière parfois opaque.

La Cour salue également une organisation du travail un peu plus flexible qu’avant. Mais cette organisation « plus coûteuse reste encore très rigide par rapport à l’évolution du trafic aérien et continue, en période de pointe, d’imposer des restrictions de trafic pour ajuster le trafic aux effectifs présents », écrit la Cour. Elle note aussi que cette flexibilité s’est accompagnée d’augmentations de salaire massives, de l’ordre de 16%, soit 1 500 euros brut supplémentaires en moyenne par mois pour les contrôleurs aériens.

Le niveau de service minimum en cas de mouvement social est aussi pointé du doigt. Il a été « abaissé depuis 2025 ». La Cour plaide pour le « réajuster pour garantir 65% a minima du trafic prévu, niveau équivalent à celui existant lors des années antérieures ».

Enfin, le rapport de la Cour des comptes note que la DGAC doit faire face au « défi majeur » du renouvellement de ses effectifs opérationnels : contrôleurs aériens, ingénieurs électroniciens et techniciens. Cela représente « 66% des 10 320 agents, dont 30% partent à la retraite dans les dix ans ». Les magistrats appellent à une « gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, indispensable pour ne pas dégrader encore l’écoulement du trafic dans le futur ».


Source:

www.franceinfo.fr

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