Simon & Schuster remet Pocket Books en circulation, mais change entièrement son usage. Selon Publishers Weekly, la filiale sera relancé sous la direction d’Anh Schluep, nommée vice-présidente, directrice éditoriale et éditrice adjointe.
Venue d’Amazon Publishing, où elle a travaillé sur les filiales Montlake, Skyscape et 47 North, elle débarque avec une connaissance directe des auteurs très suivis en romance, fiction de genre et publication numérique. Elle a notamment publié Colleen Hoover, Devney Perry, Jeneva Rose ou Rebecca Yarros.
Fondé en 1939, Pocket Books fut longtemps l’un des grands noms du livre de poche de masse chez Simon & Schuster. La relance ne signifie pourtant pas le retour de ce format : on y publiera principalement en grand format souple, avec des prix alignés sur ce segment, et s’appuiera sur l’ensemble des circuits de distribution de S&S.
L’autoédition comme vivier éditorial
Le repositionnement est explicite. D’après l’annonce, Anh Schluep devra faire de Pocket un acteur central de la fiction commerciale, avec un accent particulier sur la romance et les « auteurs entrepreneurs » à succès. Jennifer Bergstrom, directrice de Gallery Books chez S&S, présente la marque comme « un foyer pour les écrivains tournés vers l’avenir, notamment les auteurs indépendants et hybrides à succès qui veulent amplifier leur portée ».
La formule dit beaucoup du déplacement en cours. L’autoédition n’est plus seulement un marché parallèle observé à distance par les grands groupes. Elle devient un espace de repérage, où les ventes, la fidélité des communautés et la capacité d’un auteur à entretenir son lectorat constituent déjà des signaux éditoriaux.
Pour Simon & Schuster, l’enjeu consiste à proposer ce que la publication indépendante ne garantit pas toujours : une présence plus forte en librairie, une fabrication suivie, des relais marketing, une distribution imprimée et une exploitation plus structurée des droits. Pocket Books doit publier deux à trois titres par mois à partir de janvier 2027, dans la romance, le romantic thriller, la dark romance et l’horreur.
Une passerelle vers la librairie
Anh Schluep présente cette relance comme un prolongement de l’ambition initiale de Pocket Books : toucher un lectorat large. Elle explique vouloir « honorer cette idée » et collaborer avec les auteurs pour porter leurs histoires « au public le plus vaste possible ».
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Jusqu’ici, les grands groupes pouvaient racheter ponctuellement les droits d’auteurs autoédités. Avec Pocket Books, Simon & Schuster semble vouloir organiser ce passage de manière récurrente, sous une marque identifiée.
Cette stratégie répondrait aussi, précise-t-on, à une attente des libraires : accéder à des auteurs qui disposent déjà d’un public, mais dont les livres circulent surtout en ligne ou en numérique. Une édition imprimée portée par un grand distributeur permet d’installer ces titres dans des circuits où ils restaient plus difficiles à obtenir.
Crédits photo : Pocket Books
Par Clément SolymContact : cs@actualitte.com
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