
Après avoir englouti des centaines de milliards de dollars dans ses infrastructures IA, Meta cherche désormais à transformer cette dépense colossale en source de revenus, se positionnant en concurrent direct d’Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud.
Selon Bloomberg, un projet interne nommé « Meta Compute » comprendrait à la fois l’ouverture de l’accès à ses modèles IA maison, hébergés dans ses propres centres de données, et la location de ses capacités de calcul excédentaires.
Deux modèles économiques à l’étude
Le projet de Meta reposerait sur deux volets. Le premier consisterait à faire tourner ses propres modèles d’IA, comme Muse Spark, sur son infrastructure et à les rendre accessibles aux développeurs via une API, à la manière du service Bedrock d’AWS, une approche de type plateforme (PaaS).
Le second volet s’apparenterait davantage au modèle des néoclouds comme CoreWeave : la location pure de ressources de calcul, notamment de processeurs graphiques (GPU), sous forme d’infrastructure à la demande (IaaS).
Une réponse aux inquiétudes sur la rentabilité de l’IA
Ce projet est aussi perçu comme une tentative d’apaiser les investisseurs, de plus en plus préoccupés par le retour sur les mises colossales de Meta dans l’IA. L’entreprise prévoit de porter ses dépenses liées à l’infrastructure IA jusqu’à 145 milliards de dollars cette année. Une activité cloud à part entière offrirait un moyen concret d’amortir cet effort financier massif.
Un marché déjà bousculé en Bourse
L’entrée annoncée de Meta dans le cloud devrait rebattre les cartes d’un secteur dominé par AWS, Azure et Google Cloud, tout en mettant en concurrence directe l’entreprise avec des néocloud spécialisés dans la location de GPU comme CoreWeave et Nebius.
Une tendance qui dépasse Meta
Meta n’est pas seule sur ce terrain : xAI, l’entreprise d’intelligence artificielle d’Elon Musk a elle aussi entrepris de louer à des tiers les ressources de calcul de ses centres de données, signe qu’un nouveau modèle de rentabilisation des infrastructures IA surdimensionnées commence à se généraliser.
Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, avait évoqué cette piste dès la publication des résultats du groupe en mai dernier. Il avait alors indiqué que des entreprises externes le sollicitaient presque chaque semaine pour construire des services d’API ou acheter de la puissance de calcul, et qu’une vente à l’extérieur deviendrait une option pleinement envisageable dès lors que l’infrastructure serait jugée en situation de surinvestissement.
Source:
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