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Présidentielle 2027 : à droite, Laurent Wauquiez choisit désormais Édouard Philippe

En prenant ses distances avec Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez ouvre la voie à un rapprochement avec Édouard Philippe, alors que l’ancien Premier ministre veut s’imposer comme le candidat capable de rassembler de la droite au centre.


Publié le 02/07/2026 07:55

Temps de lecture : 2min

Edouard Philippe (à gauche) aux côtés de Laurent Wauquiez au congrès des Jeunes Agriculteurs, organisé les 2, 3 et 4 juin 2026, à Ainterexpo, à Bourg-en-Bresse. (Catherine AULAZ / MAXPPP)

C’est déjà l’heure des grandes manœuvres à droite. Laurent Wauquiez lâche Bruno Retailleau et tend la main à Édouard Philippe. Vous connaissez la formule : les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau se détestent de longue date, plus encore depuis que le second a écrasé le premier, en mai 2025, pour se faire élire président de LR. À droite, la vengeance est un plat qui se mange chaud, tiède… enfin, à toutes les températures. Dans un entretien au Figaro, mercredi 1er juillet, Laurent Wauquiez fait donc mine de déplorer que son rival soit à la traîne dans les sondages pour lui planter un couteau dans le dos et l’inviter, sans le citer explicitement, à « savoir se retirer le plus tôt possible si c’est nécessaire ».

Dans la foulée, il lance des œillades appuyées à Édouard Philippe, qu’il juge apte à « incarner l’ordre et le sérieux » pour « redresser la France ». Bon, l’an dernier, il répétait le contraire. Édouard Philippe ? Jamais, disait Laurent Wauquiez. Mais il a ensuite plaidé, sans trop y croire, pour une primaire « de Gérald Darmanin à Sarah Knafo », selon sa formule. Dès lors, l’amorce de ce ralliement devenait probable. Elle tombe à point nommé pour l’ancien Premier ministre parce qu’Édouard Philippe organise son premier grand meeting, dimanche, à Paris et qu’il veut afficher un profil de rassembleur. D’où l’orchestration de plusieurs ralliements ces derniers jours, de l’ancien ministre sarkozyste Éric Woerth à la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, pourtant membre de Renaissance.

C’est tout le pari du patron d’Horizons : rallier à lui aussi bien des personnalités de droite anti-macronistes que des ministres en poste, comme Gérald Darmanin. Une gymnastique délicate, à l’image de son parcours : Premier ministre d’Emmanuel Macron pendant trois ans, devenu rebelle au chef de l’État au point de réclamer sa démission à l’automne dernier. Il s’est toujours voulu « loyal et libre », sans parvenir à être complètement ni l’un ni l’autre. Bref, « en même temps », héritier et en rupture. Pour jouer les équilibristes, il dispose d’un atout. Son positionnement à mi-chemin de ses deux rivaux déclarés : Bruno Retailleau d’un côté, Gabriel Attal de l’autre. Dans les sondages, il apparaît comme le mieux placé pour éviter, au second tour, un duel entre Marine Le Pen ou Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon, scénario qui fait cauchemarder un large espace politique allant de la droite au centre-gauche.

C’est ce risque que brandit Laurent Wauquiez pour justifier son appel à Édouard Philippe. C’est aussi ce qui fait de lui un candidat en forme de plus petit dénominateur commun pour éviter le pire. Reste ensuite le plus compliqué pour le maire du Havre : dévoiler le « programme massif » qu’il annonce et « fendre l’armure » pour susciter le désir.


Source:

www.franceinfo.fr

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