Après Cannes, le film a été présenté au Festival international du film d’animation où l’œuvre était en compétition officielle.
Publié le 28/06/2026 13:27
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Formée à la prestigieuse École des Gobelins, Phuong Mai Nguyen réalise avec In Waves son premier long métrage – en salles le 1er juillet 2026 – après avoir adapté en série animée la bande dessinée de Pénélope Bagieu, Les Culottées.
La réalisatrice fait dans In Waves sortir de leurs cases les surfeurs californiens de l’œuvre d’AJ Dungo, un récit autobiographique qui mêle l’histoire du surf et l’histoire de l’auteur, particulièrement marquée par la lutte contre le cancer de sa petite amie, Kristen. Nous avons pu rencontrer à Annecy Phuong Mai Nguyen qui nous a raconté comment elle a porté ce grand succès du 9e art au grand écran.
Franceinfo Culture : Comment avez-vous appréhendé l’idée d’une adaptation de la bande dessinée d’AJ Dungo ?Phuong Mai Nguyen : J’ai acheté la bande dessinée à sa sortie au Festival d’Angoulême, mais j’ai dû la lire en deux fois tant j’ai trouvé le récit émotionnellement dur. J’ai beaucoup pleuré. Quand en 2021 on m’a proposé de réaliser son adaptation, j’étais aussi enthousiaste qu’inquiète : il y avait une telle responsabilité à raconter une histoire qui est vraie, qui est très intime… J’ai dû réfléchir pendant un mois avant de dire oui.
C’est un récit personnel de l’auteur, comment vous l’êtes-vous approprié ?Quelque part, quand tu fais une adaptation, tu es obligé de trahir la vérité car tu n’es pas la personne qui a vécu cette histoire-là. Parfois, un auteur peut craindre un peu de confier son bébé à quelqu’un d’autre. Mais tout de suite AJ me disait : « Fais ce que tu veux, essaie à fond dans ton style. » Sa seule condition était que je garde le visage de Kristen, alors il m’a envoyé beaucoup de photos et de vidéos d’elle, parfois même en chimio. Des images dures, mais il était comme un livre ouvert. « Je veux juste que ce film porte encore Kristen à l’écran », me disait-il.

Quels défis implique le passage des cases de BD à l’animation ?Dans un film, on a besoin de l’immédiateté des choses. On doit comprendre les événements, les lieux, les sentiments des personnages quasiment instantanément. Je me suis beaucoup éloignée du trait d’AJ pour le rapprocher du mien et surtout le garder lisible pour l’animation : sur certaines de ses cases, des personnages n’ont pas de visage ! C’est une composition graphique complètement différente. J’ai précisé les visages, les décors et la lumière pour créer de l’immersion.
De quoi vous êtes-vous imprégnée pour représenter la Californie à l’écran ?Quand j’ai rendu visite à AJ et à la famille de Kristen aux États-Unis, j’ai visité la ville. AJ m’a emmenée sur les lieux de son adolescence, même dans son lycée. J’ai collaboré avec une amie des Gobelins, Florianne Marchix, qui travaille depuis plus de dix ans avec DreamWorks aux États-Unis. Pour l’esthétique et notamment les couleurs, c’est le peintre David Hockney qui était ma référence principale.
Qu’apporte le mélange de la 3D à la 2D ?En gros, c’est comme si on vidéoprojetait une peinture sur un mur. Par exemple, s’il y a une maison, on ne va pas modéliser tout le bâtiment en 3D, mais juste des plaques sur lesquelles on va projeter une peinture de maison. C’est de la triche, on va dire ! Ça permet de créer du relief et des détails, comme un trompe-l’œil. n a quand même la sensation de perspective quand la caméra avance, mais on a toujours cette impression de peinture très organique. On ne gagne pas forcément du temps – d’autant plus que les animateurs 3D et 2D ne parlent pas du tout le même langage – mais artistiquement c’était beaucoup plus intéressant que de reproduire un décor hyperréaliste !
Source:
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