Philippe Juvin, député Les Républicains des Hauts-de-Seine, chef des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, était l’invité du « 8h30 franceinfo », dimanche 28 juin.
Publié le 28/06/2026 10:15
Temps de lecture : 2min

Philippe Juvin, député Les Républicains des Hauts-de-Seine, chef des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, était l’invité du « 8h30 franceinfo », dimanche 28 juin. Il répondait aux questions d’Hadrien Bect et de Camille Vigogne Le Coat.
Canicule : il faut s’attendre à un bilan « probablement très très lourd »
Depuis mercredi, un millier de décès de plus que la normale ont déjà été recensés en France, a annoncé dimanche l’agence nationale de santé publique, alors que s’achève une canicule exceptionnelle par son intensité, prévenant que le bilan réel est voué à s’alourdir. Il faut s’attendre à un bilan « probablement très très lourd », dit le député LR des Hauts-de-Seine et chef du service des urgences à l’hôpital Georges-Pompidou.
Selon Philippe Juvin, « le bilan est loin d’être terminé ». Il s’attend à une forte surmortalité liée à la chaleur dans les prochains jours : « Demain matin, lundi, les aides ménagères, les gens qui s’occupent des personnes âgées à domicile vont revenir travailler, ainsi que les familles. On va rouvrir les portes et on va probablement découvrir des gens qui sont soit en très très mauvais état […] ou qui sont morts chez eux ». Dans son service des urgences, Philippe Juvin constate des décès et des patients « qui arrivent dans des situations dépassées, où on sait qu’ils vont mourir ». « La majorité des gens meurent avant l’arrivée à l’hôpital », précise le médecin.
Actuellement, le chef du service des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou constate trois catégories de patients touchées par la chaleur : les personnes âgées « qui arrivent très déshydratées », les SDF « car ils n’ont pas d’endroit où se mettre au frais » et les patients atteints d’une maladie psychiatrique « qui soit décompensent leur maladie, soit sont déshydratés » du fait de leur traitement.
Budget : « Il y a beaucoup d’argent dans la santé, mais on le jette par les fenêtres ! »
La Cour des comptes a rendu jeudi un rapport alarmant sur les finances publiques de la France, la présidente de la première chambre Carine Camby indiquant que « tous les signaux sont au rouge ». M. Lescure a souhaité qu’on « fasse tout » pour tenir l’engagement de limiter le déficit public à 5% cette année. Pour le budget 2027, « tout va dépendre de la volonté collective des partis politiques qui se disent de gouvernement de contribuer à un compromis qui ne sera forcément satisfaisant pour personne, si ce n’est au total qu’on aura un budget ».
Pour Philippe Juvin, « il faut dépenser mieux. Sur la santé, il y a beaucoup d’argent, sauf que l’argent ne va probablement pas au bon endroit : on dépense de l’argent dans des choses qui ne sont pas efficaces ». Le député Les Républicains des Hauts-de-Seine prend l’exemple du cancer de l’ovaire : « c’est un cancer qui se soigne mieux aujourd’hui qu’hier, mais à une condition, c’est qu’on opère, lors de la première intervention, très bien. Et les endroits où on opère très bien, ce sont les endroits qui font au moins plus de 20 cas par an ».
Le Fonds vert, créé en 2023 pour accélérer la transition écologique dans les territoires, voit son enveloppe budgétaire diminuer. « Tout le monde pleurniche en disant que le Fonds vert baisse. Mais on n’avait pas le droit de financer la climatisation avec le Fonds vert, rappelle Philippe Juvin. Quelle est la priorité ? Est-ce qu’il vaut mieux climatiser les classes ou créer une cour végétalisée ? » demande Philippe Juvin. « On a moins d’argent, donc il faut faire des choix ».
Source:
www.franceinfo.fr


