Évoquant « une diminution de ses crédits », l’agence culturelle de la région Nouvelle-Aquitaine, ALCA relie cette « adaptation » à la nécessité « d’assurer au mieux ses missions à destination de l’ensemble de la filière Livre, dans un contexte de forte contrainte budgétaire ».
Concrètement, la 11e édition de la Journée régionale de l’inventivité en bibliothèque n’aura pas lieu : elle permettait, chaque année, aux professionnels de la lecture publique de la région d’échanger et de partager des pratiques autour de différentes thématiques, comme l’accueil des publics fragiles ou marginalisés, la défense de l’édition indépendante, la lutte contre la censure et, plus généralement, la promotion du livre et de la culture.
La commission dédiée à la Lecture Publique de l’agence culturelle elle-même disparait, et la chargée de mission Chloé Marot, en poste depuis janvier 2025, est réaffectée à la mission Création et Vie littéraire d’ALCA.
L’agence assure néanmoins que d’autres actions seront maintenues, et cite le « soutien aux actions relatives au patrimoine écrit (animation de la commission, signalement, valorisation, animation des plans de conservation partagée des périodiques), mise en place des petits-déjeuners éditeurs, animation de dispositifs de développement de la lecture, coordination du Mois du doc, organisation d’événements interprofessionnels ».
Nous avons tenté de joindre ALCA, et en particulier sa directrice générale Rachel Cordier, sans succès.
Un contexte « préoccupant »
Du côté des professions de la lecture publique, l’inquiétude est évidemment de mise. « À ce stade, tous les éléments n’ont pas encore été portés à notre connaissance », nous indique Marie Felsmann, présidente du comité régional Aquitaine de l’Association des Bibliothécaires de France (ABF) et directrice des archives, bibliothèque et ludothèque de la ville d’Arcachon.
« Évidemment, l’ABF est très attentive à cette décision locale qui s’inscrit dans un contexte préoccupant pour les agences en général. L’ABF est en lien avec la Fédération interrégionale du livre et de la lecture pour soutenir les agences, mais nous n’avons pas encore beaucoup d’éléments non plus à ce jour », poursuit-elle.
Les agences régionales, ces entités qui accompagnent les métiers de la culture sur les territoires, en coordination avec les Directions régionales des affaires culturelles (Drac, les représentantes de l’État), font en effet face à des difficultés budgétaires. Si les cotisations des adhérents ont pu reculer, ce sont surtout les dotations publiques qui font les frais des choix politiques.
Le cas de la région Pays de la Loire est emblématique, après le choix de sa présidente, Christelle Morançais, de sabrer dans les dépenses publiques. Mobilis, le pôle régional de coopération des acteurs du livre et de la lecture, a perdu l’ensemble de son équipe salariée et ne peut donc plus mener à bien les missions qu’elle assurait.
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Les problématiques budgétaires des collectivités locales sont liées à la hausse des charges générales, mais aussi aux baisses des impôts décidées par le gouvernement, notamment la suppression de la taxe d’habitation, qui les ont privées de recettes substantielles.
ALCA n’a pas détaillé les diminutions de ses crédits. Rappelons que les ressources de l’association comprennent des subventions des collectivités locales, de l’État et de l’Union européenne, les cotisations des adhérents, des ressources propres issues de ses activités ainsi que les soutiens d’éventuels mécènes.
Photographie : La Maison de l’Économie Créative et de la Culture en Aquitaine (Méca), à Bordeaux, qui abrite l’ALCA (Monster4711, CC0 1.0)
Par Antoine OuryContact : ao@actualitte.com
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