Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Économie, était l’invité du « 8h30 franceinfo », lundi 22 juin 2026
Publié le 22/06/2026 11:27
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Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Économie, était l’invité du « 8h30 franceinfo », lundi 22 juin 2026. Gestion de la canicule, accord Iran-États-Unis, présidentielle 2027… Il répondait aux questions d’Agathe Lambret et de Paul Larrouturou.
Canicule : Bruno Le Maire « favorable à la climatisation »
« La climatisation n’est pas pire que le mal », estime l’ancien ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui signe son retour médiatique, à l’occasion de la publication de son livre Le temps d’une décision (Gallimard). « Le pire des maux, c’est que nous ayons les plus fragiles de nos compatriotes qui soient fragilisés et qui risquent de mourir à cause du réchauffement climatique », déclare-t-il, plaidant pour « un très grand pragmatisme » face aux épisodes de chaleur.
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Bruno Le Maire se dit clairement « favorable à la climatisation ». Une position similaire à celle de Marine Le Pen, qui défend également la généralisation de la climatisation comme réponse aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents. Jean-Luc Mélenchon a critiqué vendredi cette approche pointant un risque d’aggravation du réchauffement climatique. L’ancien ministre a également dénoncé un débat « idéologique » autour de la climatisation. « J’aimerais vraiment qu’en France nous puissions tous collectivement nous épargner ces débats idéologiques et que nous apprenions à regarder la réalité en face », affirme-t-il, évoquant son expérience récente dans les transports en commun. « Vous avez pris le métro récemment ? J’ai pris la ligne 4. C’est invivable », lance-t-il.
Plus largement, Bruno Le Maire a jugé préoccupante la capacité d’adaptation du pays face au réchauffement climatique : « Ce qui devrait tous nous choquer, c’est qu’un pays aussi puissant économiquement que la France puisse être aussi déclassée face au réchauffement climatique ». L’ancien ministre a par ailleurs critiqué la proposition de Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes, d’instaurer un « congé climatique » en cas de fortes chaleurs ou de catastrophes naturelles. Selon lui, elle relève « du choix de la décroissance, du choix de la paupérisation, du choix de la relégation de la nation française et des Français ». « On peut toujours travailler moins. On sait tous qu’il faut travailler davantage », conclut-il.
Accord Iran-États-Unis : « Cet accord est une mascarade »
Les États-Unis et l’Iran se sont entendus sur une « feuille de route » pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Les deux pays se sont accordés sur une « ligne de communication » pour sécuriser le transit dans le détroit stratégique d’Ormuz où circule d’ordinaire un cinquième du pétrole mondial, ont annoncé lundi les médiateurs des négociations en Suisse. Mais « le marché suggère que la voie vers un accord pourrait être parsemée de davantage d’embûches ». Pour Bruno Le Maire, « les Iraniens, ils ont tout lieu de se frotter les mains. Cet accord est une mascarade. Donald Trump a mis fin à la guerre parce qu’il voyait que ça lui coûtait trop cher, politiquement, financièrement ».
« Ça me révolte ! », poursuit-il. « D’ailleurs, je pense avoir été l’un des seuls à dire depuis sept jours que c’est une mascarade ». L’ancien ministre de l’Économie explique que « c’est une mascarade, d’abord parce que le régime iranien, un des plus horribles de la planète dans la manière dont il traite son peuple, va avoir les sanctions levées et bénéficier d’un chèque d’environ 300 milliards de dollars. Ensuite, l’Iran dispose aujourd’hui de missiles dont la portée leur permet de frapper la Grèce et le sud de l’Europe ». « Quant au nucléaire, il est à peine évoqué et, de toute manière, il sera moins bien traité qu’il l’était par le fameux accord JCPOA que nous avions lancé avec Dominique de Villepin et Jacques Chirac en 2003 », alerte Bruno Le maire. « Donald Trump a déchiré cela en 2018 lors de son premier mandat », rappelle-t-il. « Aujourd’hui, il voudrait nous faire croire qu’en 48 heures, il va produire un accord aussi strict que celui qui avait été négocié pendant 13 ans. C’est un mensonge ! », observe Bruno Le Maire.
2027 : « si la France et l’Allemagne divorcent, c’est la fin de la construction européenne »
Bruno Le Maire estime que « pour le prochain chef de l’État, il y a trois sujets absolument majeurs », avec en priorité « l’appauvrissement du pays. Et la réponse, c’est quoi ? Plus de travail et la liberté pour les entreprises. Le deuxième sujet, c’est l’autorité de l’État. Et la réponse, c’est la réorganisation complète des institutions de la République pour qu’elles décident, qu’elles tranchent et qu’elles donnent des résultats. Et le troisième grand sujet, c’est l’Allemagne. Parce que l’Allemagne, nous sommes en train de divorcer avec elle. Si la France et l’Allemagne divorcent, c’est la fin de la construction européenne ».
L’ancien ministre de l’Économie suggère que le chef d’État, élu en mai 2027, devrait aller à Berlin et poser trois questions au chancelier allemand : « Qu’est-ce que nous faisons avec les États-Unis d’Amérique, qui ne sont plus vraiment nos alliés ? Qu’est-ce que nous faisons avec la Chine, qui aujourd’hui occupe une place centrale sur l’échiquier mondial ? Et qu’est-ce que nous faisons ensemble, nous Français et nous Allemands ? »
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