
Réouverture du détroit d’Ormuz, prix du carburant, situation au Moyen-Orient… sans oublier le G7. En direct de l’Elysée, le président de la République répondait le jeudi 18 juin 2026 aux questions de Caroline Roux sur l’actualité internationale. Voici l’intégralité de cette interview.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du débat ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Caroline Roux : Bonsoir Monsieur le Président. Vous nous accueillez ce soir, au lendemain de votre dernier G7, dans cette salle où se tiennent habituellement les conseils de défense. Vous étiez hier soir aux côtés de Donald Trump à Versailles pour signer l’accord entre l’Iran et les États-Unis. Ce n’était pas prévu. Est-ce que vous pouvez nous raconter comment ça s’est passé ? Qui a décidé ? Est-ce que c’est vous qui l’avez proposé au président américain ?
Emmanuel Macron : Ça s’est fait de manière assez spontanée. À l’issue de plusieurs journées, puisque le président américain était depuis lundi en France, pour ce G7 qui a permis des avancées, je crois, importantes. Et l’accord s’était conclu quelques heures plus tôt et il devait être finalisé. Il y a eu des allers-retours entre la partie iranienne et la partie américaine. Ça s’est finalisé dans les dernières heures de ce G7 et c’est ce que, au fond, les équipes ont décidé et le président a trouvé bon de faire. En tout cas, il était bon que ça n’attende pas, que ça puisse être signé dans ces termes, et qu’un nouveau moment commence.
Caroline Roux : Donc ce sont les Américains qui ont souhaité le faire à Versailles.
Emmanuel Macron : C’est un accord commun. Et c’est une bonne chose. Et ça permet de mettre tout cela aussi dans le cadre de ce G7 qui a permis quoi, au fond ? que la coopération internationale reprenne.
Caroline Roux : Et nous allons y revenir, sur le bilan de ce G7. Effectivement, vous saluez cet accord. On va y revenir dans le détail, cet accord en 14 points. Mais il y a une première question qui se pose. Après 108 jours de conflits, une déstabilisation de la région et même un risque d’embrasement, qui a gagné cette guerre, Monsieur le Président ?
Emmanuel Macron : Je ne crois pas qu’on puisse dire qu’elle soit totalement terminée. La situation, on la connaît depuis des années. Personne ne veut, et la France en premier, que l’Iran puisse obtenir la bombe nucléaire. C’est pour ça qu’en 2015, un premier accord avait été signé, puis il avait été dénoncé en 2018 par les États-Unis. On s’était beaucoup battus. Et au fond, nous, ce qu’on dit, la position que défend la France depuis le début, c’est de dire l’Iran ne doit pas avoir la bombe nucléaire, l’Iran ne doit pas avoir de capacités balistiques, c’est-à-dire des missiles de longue portée, et doit arrêter de déstabiliser la région, en particulier l’Irak et le Liban.
Caroline Roux : Est-ce que Donald Trump l’a obtenu par la force ?
Emmanuel Macron : Il y a une guerre qui est partie, c’est une question, mais je vous dis que la réponse n’est pas immédiate. Étape après étape, ce que j’ai essayé de faire tout au long de ce G7 et ce que j’essaie de faire depuis des années. Les États-Unis décident de lancer cette guerre parce qu’ils ne sont pas satisfaits par les négociations. C’est fin février de cette année. Ce que nous disons à ce moment-là, c’est qu’on ne va pas participer à cette guerre. On n’en partage pas les objectifs parce qu’ils ne nous semblent pas clairs. Et depuis des semaines, nous appelions à la fin des combats et à structurer des négociations à venir. Et donc je pense que c’est une bonne chose, c’est pour ça que nous l’avons soutenu, parce que qu’est-ce que ça permet de faire, cet accord qui a été signé ? Un, cessez-le-feu. Et un cessez-le-feu qui touche aussi le Liban. Deuxièmement, la réouverture de ce fameux détroit d’Ormuz. Et ce matin même d’ailleurs, un bateau battant pavillon français a pu passer le détroit. Et ça, ça a un impact très concret sur nos économies. D’ailleurs, le prix du pétrole a commencé à baisser, et on va le voir à la pompe. Donc ça, c’était attendu, ça fait partie du rôle qu’on devait jouer. Troisième chose, ils disent « Pendant 60 jours, paix », et le Liban retrouve la paix, ce qui est pour nous un objectif très important. Donc ça, il faut absolument le garder. Et puis on va structurer la négociation. Et à l’issue de ces 60 jours, juste pour que tout le monde l’ait en tête, c’est à l’issue de ces 60 jours qu’on devra voir qu’est-ce qu’on fait sur le nucléaire, sur le balistique, et est-ce qu’on a, au fond, un Iran qui est moins dangereux qu’avant.
Caroline Roux : Vous croyez déjà qu’on peut le faire en 60 jours, tout ça ?
Emmanuel Macron : Je ne sais pas le dire aujourd’hui. Je sais qu’en tout cas, c’est toujours mieux d’avoir un accord que la guerre, surtout quand il peut y avoir des risques d’escalade, et c’était le cas. Et c’est quelque chose qui va nous permettre d’aider le Liban à reprendre la main sur son territoire, de rouvrir les routes qui sont importantes pour nos économies et de commencer cette négociation, mais en vrai, si je puis dire. Et donc, si au bout de 60 jours, tous les termes ne sont pas agréés, on pourra prolonger, mais on rentre dans une nouvelle phase qui est celle de la coopération du dialogue, qui est mieux que la guerre, me semble-t-il, et plus efficace pour nous tous.
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Ce texte correspond à une partie de la retranscription du débat ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Source:
www.franceinfo.fr


