Michel Butor est généralement présenté comme l’un des représentants du Nouveau Roman en raison de ses quatre romans des années 1950 et du début des années 1960. Passage de Milan paraît en 1954, L’Emploi du temps en 1956, La Modification en 1957 et Degrés en 1960. L’Emploi du temps reçoit le prix Fénéon en 1956, La Modification le prix Renaudot en 1957.
Cette période ne représente toutefois qu’une partie de son œuvre. Dès les années 1960, Michel Butor abandonne le roman et se tourne vers des formes d’écriture expérimentales. Son travail se développe alors au croisement des arts plastiques, de la musique et d’autres cultures.
Pendant les décennies suivantes, il compose une œuvre étendue, marquée par les voyages et l’enseignement. Il séjourne ou enseigne notamment en Égypte, en Grèce, aux États-Unis et en Suisse. Ces expériences nourrissent des livres comme Le Génie du lieu, Mobile ou Boomerang, où les lieux et les langues occupent une place centrale.
Né à Mons-en-Barœul et formé à la Sorbonne, Michel Butor s’installe à la fin des années 1980 à Lucinges, en Haute-Savoie. Sa maison, appelée « À l’écart », est aujourd’hui une résidence d’artistes et une Maison des Illustres. L’écrivain a poursuivi son travail d’écriture, de correspondance et de voyage jusqu’à sa mort en 2016.
Texte, image et collaborations artistiques
Une part importante de l’œuvre de Michel Butor s’est construite avec des artistes plasticiens, photographes et musiciens. Plus de 450 collaborations sont recensées, notamment avec Alechinsky, Miquel Barceló et Seund Ja Rhee. Ces projets sont souvent issus d’amitiés, en dehors de commandes institutionnelles.
Ses essais occupent aussi une place importante dans cette trajectoire. Répertoire et Improvisations comptent parmi les textes où Michel Butor reprend l’histoire de la littérature et de la peinture.
Plusieurs questions traversent son œuvre : la circulation des écrits, le dialogue entre texte et image et les frontières entre les arts. Ces axes expliquent la diversité des manifestations annoncées : le programme réunit des lieux culturels, des galeries, des éditeurs et des acteurs universitaires.
L’Académie française avait décerné à Michel Butor son grand prix de littérature en 2013 pour l’ensemble de son œuvre. Il avait alors 87 ans.
Un programme parisien jusqu’en 2027
À Paris, les événements débuteront avec l’exposition « Les années niçoises », prévue du 2 juin au 11 juillet 2026 à l’Enseigne des Oudin, dans le 10e arrondissement. Le 14 septembre 2026, date anniversaire de la naissance de Michel Butor, des lectures auront lieu à la Maison de la Poésie, dans le 3e arrondissement.
Une autre exposition, « Michel Butor : unique et multiple », sera consacrée aux livres et aux œuvres graphiques. Elle se tiendra du 24 septembre au 17 octobre 2026 à la Galerie Métamorphoses, dans le 6e arrondissement. Les 15 et 16 octobre, Sorbonne Université accueillera le colloque « Permettez-moi de naviguer en votre compagnie ».
Le calendrier parisien se poursuivra avec l’exposition « Michel Butor, portrait ultrasensible », annoncée au Musée d’Histoire de la Médecine, dans le 6e arrondissement. Elle sera présentée du 19 octobre 2026 au 3 février 2027. Trois rééditions sont annoncées pour 2026. Passage de Milan paraîtra aux Éditions de Minuit le 27 août. Essais sur les essais est prévu chez Gallimard le 1er octobre. Improvisations sur Michel Butor sera publié aux Éditions du Canoë le 13 octobre.
Le détail des événements annoncés en France, en Suisse, en Belgique, en Allemagne et aux États-Unis figure dans le programme ci-dessous :
Crédits photo : © UTBM / françois Jouffroy
Par Ewen BertonContact : eb@actualitte.com
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