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1776, l’indépendance de treize États unis : Populations esclavisées et autochtones, les exclues de la liberté américaine

Les Amérindiens et l’indépendance

À l’aube de la guerre d’indépendance, les populations amérindiennes occupent les neuf dixièmes de l’actuel territoire états-unien. Durant l’été 1776, les débats sont vifs quant à la question de savoir quel statut leur accorder.

La Déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776 affirme que les Amérindiens sont des “sauvages sans pitié”. Malgré la philanthropie de Thomas Jefferson, le texte est rédigé à un moment où les colons américains se sentent menacés par l’alliance de certains peuples amérindiens avec les Britanniques.

Loin de se cantonner au simple rang d’observateur, les Amérindiens jouent un rôle crucial dans le conflit anglo-américain. Les populations amérindiennes peuvent être des guides dans certaines régions et participent à des batailles massives. La plupart des peuples s’allient aux Britanniques par peur de l’expansionnisme américain

En 1783, le traité de Paris consacre l’existence des États-Unis sans même évoquer les Amérindiens. Un très vaste territoire, à l’ouest des Appalaches, est cédé aux colons américains, sans l’accord des Amérindiens, à commencer par les peuples Cherokees et Creeks.

1776, vers l’émancipation des personnes esclavisées ?

En 1776, la Déclaration d’indépendance marque un tournant pour l’émancipation des esclaves africains-américains. Présente sur le continent depuis le début du 17ᵉ siècle, la communauté africaine-américaine reçoit ce texte comme une déclaration de liberté et d’engagement solennel.

Loin de se cantonner à un rôle marginal, les populations esclavisées participent activement au conflit anglo-américain. Près de 5 000 soldats noirs décident de rejoindre les patriotes américains et de s’enrôler dans l’armée continentale de George Washington. Certaines populations esclavisées décident également de s’engager aux côtés des Britanniques avec la promesse d’une future mise en liberté.

Les débats entamés durant la guerre d’indépendance aboutissent à l’abolition de l’esclavage dans tous les États du nord. Ces années de guerre permettent la constitution d’une communauté africaine-américaine dans le nord, qui s’organise et se fait entendre. Les anciens esclaves créent des associations d’aides mutuelles et écrivent des pamphlets. Ils constituent peu à peu un pôle de combat et de ralliement pour les Noirs du Sud.

Le rôle des femmes dans l’indépendance

La Déclaration d’indépendance ne parle pas du tout des femmes. Les rédacteurs parlent d’une ‘masculinité universelle’. Ce sont bien des hommes qui sont “créés égaux”. Tout au long de la construction des États-Unis, les femmes jouent pourtant un rôle crucial.

Beaucoup d’épouses restent à l’arrière et s’occupent de la gestion du foyer, comme Abigail Adams. Certaines épouses accompagnent les hommes sur le front, côté patriote comme loyaliste, et contribuent aux soins, à l’approvisionnement en nourriture, aux habits. Certaines participent aussi au conflit par l’espionnage, comme Margaret Kemble Gage. Celles qui sont éduquées ont accès à l’imprimé et peuvent le faire circuler.

Mises à l’écart des droits politiques en 1776, la guerre d’indépendance change pour autant les consciences vis-à-vis du statut des femmes dans la société américaine. Elles sont considérées comme les éducatrices des citoyens américains à venir.

Pour en savoir plus

Marie-Jeanne Rossignol est professeure émérite d’études américaines à l’Université Paris Cité.Ses publications :

(avec Michaël Roy, Marlène L. Daut et Cécile Roudeau), Anthologie de la pensée noire. États-Unis et Haïti (XVIIIᵉ-XIXᵉ siècles), Hors d’atteinte, 2023.Noirs et Blancs contre l’esclavage. Une alliance antiesclavagiste ambigüe aux États-Unis, 1754-1830, Karthala, 2022.

Gilles Havard est historien, directeur de recherche au CNRS.Ses publications :

Les Natchez. Une histoire coloniale de la violence, Flammarion, 2025.L’Amérique fantôme. Les aventuriers francophones du Nouveau Monde, Flammarion, 2019.

Virginie Adane est maîtresse de conférences en histoire moderne à Nantes Université.Ses publications :

1619. L’autre naissance des États-Unis, Presses universitaires de France, 2025.Des femmes en Amérique. Une histoire des États-Unis de Pocahontas à #MeToo, Perrin, 2025.

Références sonores de l’émission à venir

Générique : « Gendèr » par Makoto San, 2020.


Source:

www.radiofrance.fr

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