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Un implant cérébral de nouvelle génération transforme la vie de patients atteints de la maladie de Charcot

En 2020,
Casey Harrel a commencé à perdre sa voix à cause de la sclérose latérale
amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative aussi connue sous le nom de
maladie de Charcot. Âgé de 42 ans à l’époque, il a fait le pari de confier son
cerveau à la science, acceptant qu’on lui implante des dispositifs
expérimentaux dans la matière grise.

Casey Harrel est connu dans la littérature scientifique sous le nom de
«T15», en tant que participant à l’essai clinique BrainGate2, un projet financé par
le gouvernement américain. Son cerveau abrite quatre minuscules dispositifs qui
enregistrent les signaux cérébraux, ensuite analysés par une intelligence
artificielle (IA). La technologie les traduit en texte, puis en parole. Pionnier des interfaces
cerveau-ordinateur, cet Américain a passé des heures avec les chercheurs de
l’université de Californie pour documenter les progrès de sa parole, qu’il peut
désormais générer par la pensée.

Dans
une étude publiée le 15 juin dans la revue scientifique Nature Medicine,
les chercheurs ont franchi une nouvelle étape. Leurs travaux montrent comment
les interfaces cerveau-ordinateur peuvent offrir une forme de communication proche
de la conversation naturelle à des personnes atteintes de paralysie sévère, en décodant l’activité neuronale associée aux tentatives de parole et
de mouvement.

Contrairement à de nombreuses technologies médicales, le
dispositif proposé à Casey Harrel peut être utilisé sans intervention du personnel médical ni de scientifiques. Il suffit qu’un proche retire
les capuchons du port fixé à son crâne et le connecte à un système informatique
disposé sur un chariot. À terme, les chercheurs espèrent proposer une version
sans fil, précise le Washington Post.

Près de 2 millions de mots prononcés en deux ans

Grâce à cette technologie, Casey Harrel peut passer des appels
FaceTime, participer à des réunions de travail ou simplement discuter avec sa
fille de 7 ans, sans écran interposé. En deux ans, le patient a utilisé
l’appareil pendant plus de 3.800 heures, prononçant 183.060 phrases, soit près
de 2 millions de mots, à un rythme de 56 mots par minute. «C’est une avancée
significative, un bond en avant considérable», souligne Mariska van
Steensel, chercheuse en interfaces cerveau-ordinateur au Centre médical
universitaire d’Utrecht, aux Pays-Bas.

Les interfaces cerveau-ordinateur demeurent toutefois au
stade expérimental, rappellent les experts. Mais certaines entreprises de
biotechnologie ont déjà investi le créneau: Neuralink, la start-up cofondée par
Elon Musk, tout comme Paradromics, misent sur un futur développement commercial
des innovations développées dans les laboratoires de recherche. Cette nouvelle étude illustre également la puissance de la
technologie mise au service des patients. Grâce au dispositif, Casey Harrel
peut à nouveau faire des blagues, imiter le son du «trombone triste» et,
surtout, rester en lien avec sa famille.

«Notre technologie se trouve
véritablement à un tournant, affirme David Brandman, neurochirurgien à l’université
de Californie et co-auteur de l’article. Jusqu’à présent, la plupart des
avancées en matière d’interface cerveau-ordinateur n’étaient que des
démonstrations scientifiques ponctuelles (…) La véritable avancée avec cette
technologie réside dans le fait qu’il n’est plus nécessaire de faire appel à
une équipe de scientifiques et d’ingénieurs pour la faire fonctionner.»

Casey Harrel, lui, espère surtout que l’appareil continuera à s’améliorer. Parce que derrière son propre cas se dessine une
promesse plus vaste: celle d’aider les 352.000 personnes qui, comme lui, vivent
aujourd’hui avec la maladie de Charcot à travers le monde.


Source:

www.slate.fr

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